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FootballQui est Pierre Webo, nouveau symbole antiraciste du football?

L’ancien attaquant camerounais est devenu, en l’espace de quelques minutes, le symbole de la lutte contre le racisme dans le football. Son carton rouge a été suspendu par l’UEFA.

Les images de Pierre Webo se rebellant contre le quatrième arbitre ont fait le tour du monde.

Les images de Pierre Webo se rebellant contre le quatrième arbitre ont fait le tour du monde.

KEYSTONE

Ancien attaquant au parcours atypique, Pierre Webo (38 ans) a bourlingué entre Uruguay, Espagne et Turquie jusqu’à devenir l’entraîneur-adjoint du Basaksehir Istanbul, où son image a fait le tour de la planète mardi lorsque le Camerounais a accusé un arbitre d’avoir tenu des propos racistes.

Avant-centre peu rapide et technique, mais très bon finisseur, Pierre Achille Webo Kouamo (son nom complet) a éclos entre 1999 et 2003 en Uruguay, où il est passé par les clubs de Tacuarembo et du Nacional Montevideo, avec lequel il a remporté trois championnats de rang entre 2000 et 2002.

En Europe, le natif de Bafoussam (Cameroun) s’est d’abord fait connaître dans le championnat espagnol.

A 20 ans, il a rejoint l’Osasuna Pampelune, où il a joué entre 2003 et 2007 (sauf un prêt de six mois à Leganés, en banlieue de Madrid). Il a notamment disputé une finale de Coupe du Roi en 2005, perdue 2-1 contre le Betis Séville.

Au même moment, sa carrière internationale a décollé: avec le Cameroun, il a compilé 18 buts en 58 matches entre le 19 novembre 2003 et le 23 juin 2014.

Son parcours avec les Lions indomptables s’est arrêté avec la terrible déroute à la Coupe du Monde 2014 au Brésil, où le Cameroun terminera à la dernière place du groupe A sans avoir empoché le moindre point, avec notamment de sévères défaites contre la Croatie (4-0) et le Brésil (4-1), le dernier match international de Pierre Webo, qui aura plié face notamment à un doublé de l’un de ses adversaires de mardi soir, l’attaquant du PSG Neymar.

Épanoui en Turquie

Après un passage de quatre saisons à Majorque, Webo a décidé de tenter une nouvelle aventure en Turquie: à 29 ans, il a rejoint le club de Basaksehir (2011-2013), puis est aussi passé par Fenerbahce (2013-2015), Osmalinspor (2015-2017) et Gaziantep (2017-2018), avant de retourner en Uruguay pour une dernière pige de six mois, puis de prendre sa retraite de joueur.

C’est en Turquie que cet avant-centre adroit de la tête s’est épanoui: il a totalisé 24 buts en 56 matches avec Basaksehir, et 33 buts en 89 matches avec Fenerbahce, où il a notamment été associé à Moussa Sow en attaque, et avec qui il a remporté une Coupe de Turquie (2013) et un championnat (2014).

Après cette riche carrière de joueur, Webo a été nommé en novembre 2019 entraîneur-adjoint d’Okan Buruk sur le banc de Basaksehir, avec un contrat courant jusqu’à l’été 2021.

Le 19 juillet 2020, huit mois exactement après l’arrivée de Webo dans l’encadrement du club, Basaksehir a été sacré champion de Turquie pour la première fois de son histoire. Son premier trophée en tant qu’entraîneur et l’assurance de découvrir sur un banc de touche la prestigieuse Ligue des champions cette saison.

Le carton rouge de Webo suspendu

Le carton rouge adressé mardi en Ligue des champions à l’entraîneur adjoint du Basaksehir Istanbul Pierre Webo, qui a reproché au quatrième arbitre des propos racistes, a été suspendu dans l’attente d’une enquête, a-t-on appris mercredi auprès de l’UEFA.

En conséquence, le Camerounais pourra prendre place sur le banc ce mercredi soir (18h55) au Parc des Princes pour la suite du match contre le Paris SG, interrompu la veille à la 14e minute. L’arbitre principal avait exclu Pierre Webo après une discussion avec le quatrième arbitre. / AFP

Mais, alors que le Basaksehir a été éliminé dès la phase de poules, l’expérience s’est soldée mardi face au Paris SG par une fin amère pour Pierre Webo.

Le Camerounais, sanctionné d’un carton rouge pour contestation, a vivement protesté en affirmant avoir entendu «negro», terme très imprégné de racisme en français et anglais, dans la bouche du quatrième arbitre, le Roumain Sebastian Coltescu, qui le désignait à l’arbitre principal, son compatriote Ovidiu Hategan.

Solidaires, les joueurs des deux équipes ont alors choisi de quitter la pelouse en signe de protestation et le match, arrêté à la 13e minute, n’a pas pu reprendre, un épisode inédit à ce niveau dans le football.

(AFP)

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169 commentaires
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Détestable

10.12.2020 à 19:10

Il ne comprend surtout rien du tout et a fait le buzz juste pour se rendre important car dans ce club turc, il fait presse citrons et porteur d’eau.

incredule

10.12.2020 à 17:08

Noire n'est pas une injure, en plus quand un joueur se fait agresser tout un match par des propos raciste ces grandes vedettes millionnaires ne quitte pas le terrain, j'ai voyagé en Afrique et on m' désigné comme le blanc ce qui ne posait aucun problème. Au milieu d'une dizaine de personne noire cela semble normal.

Glop pas glop

10.12.2020 à 13:22

J'ai vu plusieurs fois la scène avec les images ET le son, et il n'y a absolument aucune parole déplacée ou raciste. Le mot noir est du même acabit que blanc ou jaune. La même scène en Afrique par exemple ou il n'y aurait qu'un blanc sur le banc, l'arbitre pourrait désigner le blanc sans que quiconque s'en émeuve... dont acte.