Vancouver 2010: Qui pour succéder à Pirmin Zurbriggen?
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Vancouver 2010Qui pour succéder à Pirmin Zurbriggen?

Dans les trois semaines à venir, Pirmin Zurbriggen pourrait bien céder son rôle de dernier skieur suisse sacré aux JO.

Dès samedi à Vancouver, Didier Cuche, Didier Défago, Carlo Janka et Silvan Zurbriggen semblent en mesure de rejoindre dans l'histoire le médaillé d'or de la descente de Calgary en 1988.

Les chiffres plaident en tout cas pour les hommes de Martin Rufener: en 28 courses de Coupe du monde cet hiver, les Suisses sont montés 20 fois sur le podium, dont 8 fois sur la plus haute marche.

Reste que la logique statistique est souvent mise à mal lors des Jeux. L'histoire olympique regorge de médaillés surprises. Outre ce phénomène de la «course d'un jour», il faut mentionner l'effet météo de Whistler Mountain, le site qui accueillera les courses de ski alpin. Capricieux, le climat océanique de la station pourrait transformer certaines épreuves de vitesse en loterie.

Questions autour d'un pouce

L'autre grande incertitude dans le camp suisse concerne Didier Cuche. A 35 ans, le Neuchâtelois n'a jamais semblé autant en forme au moment d'aborder des JO, ses quatrièmes et derniers. Las, une fracture du pouce le 29 janvier à Kranjska Gora à quelque peu obscurci ses rêves olympiques. Si Cuche a été déclaré apte par les médecins, reste à savoir ce qu'il en sera sur les skis. Un élément de réponse tombera après le premier entraînement de descente, mercredi.

Pour se rassurer, le coureur du Val-de-Ruz peut méditer sur le destin de Pirmin Zurbriggen. Double vainqueur à Kitzbühel en janvier 1985 (comme Cuche cette année), le Valaisan s'était blessé au ménisque trois semaines avant le début des Mondiaux de Bormio. Après avoir subi une arthroscopie, le meilleur skieur suisse de l'histoire était remonté sur ses lattes et avait remporté trois médailles en Italie, dont l'or de la descente.

Cuche a connu de bons moments lors de ses précédentes campagnes olympiques, à l'image de sa médaille d'argent du super-G à Nagano en 1998. Mais il y a surtout essuyé de cruelles désillusions. En 2002 à Salt Lake City, il s'acheminait vers l'or avant de manquer une porte dans le mur final. En 2006 à Turin, il était recalé pour la descente lors d'une sélection interne face à Tobias Grünenfelder, puis restait en retrait en super-G (12e) et en géant (16e).

Une première pour Janka

Des interrogations entourent également Didier Défago. Jamais médaillé au cours d'un rendez-vous majeur, le Valaisan sort d'un mois de janvier difficile, lors duquel il a perdu ses titres à Wengen et Kitzbühel. Ses deux dernières courses avant les JO (les géants de Kranjska Gora) se sont soldées par autant d'éliminations.

Bref, le Morignois se trouve dans une situation inverse qu'il y a une année, quand il avait entamé les Mondiaux de Val d'Isère en pleine confiance. Reparti bredouille de Savoie, Défago ne peut qu'espérer que l'histoire s'inverse à Vancouver.

Si quelques incertitudes planent sur les deux Didier, il n'en est rien pour Carlo Janka: le Grison ne va pas se liquéfier au moment d'attaquer ses premiers Jeux. Une imperméabilité à la pression qu'»Iceman» avait notamment démontrée en février dernier à Val d'Isère, d'où il était reparti avec deux médailles. Coureur le plus souvent sur le podium cet hiver en Coupe du monde (8 fois), le phénomène d'Obersaxen pourrait aussi l'être aux JO.

Silvan Zurbriggen constitue la quatrième carte helvétique à Whistler. Plus belle surprise helvétique de l'hiver, le Valaisan vient d'accumuler quatre podiums en Coupe du monde, tant en slalom qu'en super-combiné.

Le pari de Miller

Parmi les plus sérieux contradicteurs des Suisses, il faudra compter sur les inévitables Autrichiens, avec comme leaders Reinfried Herbst en slalom, Marcel Hirscher en géant et Michael Walchhofer en vitesse. Sans oublier bien sûr Benjamin Raich, actuel no 1 au classement général de la Coupe du monde et qui remettra en jeu ses deux titres (slalom & géant) conquis à Turin en 2006.

A domicile, les Canadiens espèrent tirer profit de leur connaissance du terrain. Cela sera notamment le cas pour Manuel Osborne-Paradis, deux fois vainqueur en Coupe du monde cette saison et considéré comme le meilleur glisseur du circuit.

Quant à Bode Miller, il tentera de glaner l'or olympique, seule consécration qui manque à son palmarès. L'Américain avait décidé de rempiler cet automne pour une saison, en vue justement du rendez- vous de Vancouver. Son objectif n'a rien de chimérique, Miller n'ayant cessé de monter en puissance cet hiver (victoire en super- combiné à Wengen notamment).

(ats)

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