Grande-Bretagne: Qui veut acheter les sandales usées de Gandhi?
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Grande-BretagneQui veut acheter les sandales usées de Gandhi?

Une paire de sandales du Mahatma Gandhi et plusieurs autres de ses effets personnels doivent être vendus aux enchères le 21 mai à Ludlow, dans le nord-ouest de l'Angleterre.

Ce qui est présenté par Mullock's comme «l'une des plus grandes collections de souvenirs liés au Mahatma Gandhi» contient des lettres, lithographies, peintures, photographies, enregistrements audio, bols, flasque et lanterne, ainsi que des draps et une casquette en lin lui ayant appartenu. Un châle tissé à partir de fils que Gandhi à lui-même filé figure également dans cette collection. La vente proposera aussi un document signé de sa main faisant état de ses dernières volontés, estimé entre 30'000 et 40'000 livres (35'500 et 47'400 euros).

Les sandales en cuir «portées par Gandhi» et «en mauvais état» proviennent de sa maison de Juhu, (ouest de l'Inde) où il a vécu entre 1917 et 1934, a précisé Mullock's. Leur prix de vente est évalué entre 10'000 et 15'000 livres (11'800 et 17'780 euros). L'histoire veut que le Mahatma, courant pour attraper un train en Inde, ait perdu une sandale. Ne parvenant pas à la retrouver alors que le train démarrait, il décida, in extremis, de jeter la deuxième pour que la paire puisse bénéficier à quelqu'un, dans ce qui est devenu la parfaite illustration de sa philosophie empreinte de générosité et de pragmatisme.

L'Inde désapprouve

Mohandas Karamchand Gandhi fut l'artisan du mouvement de désobéissance civile qui a abouti à la partition sanglante et à l'indépendance de l'Inde et du Pakistan en août 1947. Une paire de sandales en cuir, une montre à gousset, un bol et une assiette ayant appartenu au Mahatma avaient déjà été vendus aux enchères en 2009 à New York pour 1,8 million de dollars à un homme d'affaires indien.

L'acheteur avait annoncé qu'il ferait don de ces objets à son pays qui avait tenté d'empêcher la tenue de la vente. L'Inde désapprouve les ventes aux enchères d'objets appartenant à Gandhi, estimant qu'elles insultent la mémoire d'un homme ayant rejeté toute sa vie la richesse matérielle. Elle met depuis quelques années un point d'honneur à ce que les effets du père de l'indépendance demeurent, autant que possible, dans le giron national.

New Delhi a ainsi acquis en juillet dernier, pour plus d'un million de dollars, des lettres, documents et photos liés au Mahatma Gandhi quelques jours avant que Sotheby's mette à prix ces archives historiques. (afp)

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