Quinze ans plus tard, le Goulet 25 est toujours debout

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Quinze ans plus tard, le Goulet 25 est toujours debout

Le 6 décembre 1991, une bande de copains pénètre dans un bâtiment désafecté. C'est le début d'une aventure.

«A minuit, nous sommes rentrés par une fenêtre du premier étage de l'ancienne poste de Chêne-Bourg, à l'abandon depuis quinze ans. Tout était crade, se rappelle Chill, 35 ans, habitant du Goulet 25. Après avoir exploré les lieux à la bougie, une cinquantaine de potes sont venus faire la fête au son d'une radio.»

C'était il y a quinze ans. Dès le lendemain, les quinze futurs habitants se sont mis au travail. «On a passé des mois à enlever les tonnes de fiente de pigeon dans tout l'immeuble, explique Chill. Puis il a fallu tout retaper, refaire les tuyauteries, l'électricité. Un an plus tard, on était installés.»

Les autorités de Chêne-Bourg voulaient la peau du squat. En 2002, ils ont gagné: les bâtiments du Goulet tombaient. Seul le N°25 a été sauvé. «On savait que rien n'allait plus être comme avant», regrette Chill. Depuis septembre, après dix-huit mois de travaux, les squatters ont changé de statut: ils sont devenus locataires d'une coopérative. «Ce qui a changé? Nous payons un loyer maintenant. Mais notre mode de vie est resté le même, explique Chill. Cette expérience nous a permis de finaliser nos projets personnels. Parfois j'aimerais revenir quinze ans en arrière et tout recommencer.»

Aujourd'hui, les mêmes habitants sont encore là, assagis. «On a vieilli, raconte Ben, 38 ans. On n'a plus la même énergie. Certains sont devenus parents.» Le vent de liberté a arrêté de souffler sur le Goulet 25. «Lorsque tu es dans l'illégalité, tu as plus de liberté, conclut Ben. Mon seul regret: avoir perdu notre insouciance d'antan.»

Pour fêter les 15 ans d'existence du Goulet 25, les habitants organisent une soirée revival à la maison, samedi 9 décembre, comme au bon vieux temps.

Sabrine Gilliéron

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