Ligue contre le cancer: Quinze mois avec sursis contre l'ancien directeur
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Ligue contre le cancerQuinze mois avec sursis contre l'ancien directeur

Le Tribunal correctionnel de Lausanne a condamné mardi l'ancien directeur de la Ligue vaudoise contre le cancer à 15 mois d'emprisonnement avec sursis.

Entre novembre 1998 et décembre 2003, l'homme a détourné près de 100'000 francs au préjudice de l'association.

Le responsable indélicat, aujourd'hui à la retraite, a été reconnu coupable d'abus de confiance, simple et qualifié. Le Ministère public, qui avait requis 18 mois avec sursis, s'est dit satisfait par le jugement.

Culpabilité très lourde

Le jugement retient la culpabilité «particulièrement lourde» de l'ancien directeur, au «caractère détestable de justicier autoproclamé». L'homme, qui «a profité de la confiance qui lui était faite», a agi mû par «un appât du gain éhonté au détriment d'une institution de bienfaisance».

Sans besoin particulier d'argent, il n'a agi que pour «arrondir ses économies», pour des motifs «égocentriques». A charge, le jugement retient également le tort causé à la Ligue vaudoise contre le cancer et aux autres institutions similaires. A décharge, il mentionne notamment le remboursement intégral par le condamné des montants subtilisés à la ligue.

Réparer une injustice

Engagé en 1990 comme directeur de la Ligue vaudoise contre le cancer, l'homme touchait un salaire net proche de 10'000 francs par mois. Sa paie était assortie d'une indemnité finançant ses déplacements à hauteur de 500 francs mensuels.

Constatant que son prédécesseur, qui touchait un salaire inférieur au sien, bénéficiait d'une indemnité de 900 francs mensuels, l'homme a expliqué avoir ressenti un «profond sentiment d'injustice». Timide, il n'aurait pas osé demander une augmentation de son indemnité au comité de l'association.

Sentiment de mépris

Se sentant «méprisé» par les membres du comité, qui ne participaient pas aux manifestations parrainées par l'association auxquelles il se rendait, l'homme a préféré se rembourser lui-même, pour «réparer l'injustice» dont il se considérait victime. En 15 ans, il a ainsi détourné près de 100'000 francs, qu'il a versé sur le compte de sa pupille.

L'homme s'appropriait ensuite les fonds déposés sur le compte. En outre, il a également détourné 7'000 francs supplémentaires du compte de sa pupille à son profit.

(ats)

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