Sri Lanka: Quinze tués et un ministre blessé dans un attentat suicide
Actualisé

Sri LankaQuinze tués et un ministre blessé dans un attentat suicide

Au moins quinze personnes ont été tuées mardi et 60 autres blessées dans un attentat suicide perpétré devant une mosquée du sud du Sri Lanka. Un ministre fait partie des blessés.

Les autorités ont imputé l'attaque aux rebelles séparatistes tamouls.

L'explosion, apparemment déclenchée par un kamikaze, est survenue lors d'une fête musulmane célébrant l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. Plusieurs dirigeants étaient présents aux festivités dans la ville d'Akuressa, à 160 kilomètres au sud de Colombo.

Parmi les blessés figure le ministre des postes Mahinda Wijesekera, a indiqué un officier de la police. M. Wijesekera a été transporté vers une unité de soins intensifs de l'hôpital le plus proche.

Six autres ministres se trouvaient près de la mosquée, mais ils n'ont pas été touchés par la déflagration, a assuré l'un d'eux, le ministre de la culture.

Acte «désespéré» des rebelles

Le gouvernement a parlé d'un «nouvel acte désespéré» des rebelles tamouls. Un peu plus tôt, un porte-parole militaire, Lakshman Hullugalle, avait imputé lui aussi cet attentat aux séparatistes des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).

Les attentats, surtout suicide, sont fréquents et sont habituellement mis sur le compte des insurgés des Tigres. Ceux-ci se battent contre l'armée gouvernementale dans le nord-est du pays, où ils sont acculés sur une bande de terre de 50 km2.

Retour à la guérilla

Les experts craignent justement que les Tigres tamouls -qui ont de facto perdu la guerre conventionnelle contre l'armée et les 18'000 km2 de territoires qu'ils contrôlaient il y a deux ans- ne renouent avec la guérilla et les attentats.

Celui de mardi est l'un des plus sanglants au cours des derniers mois, notamment contre des hommes politiques sri-lankais. En avril 2008, le ministre des routes Jeyaraj Fernandopulle avait été assassiné dans un attentat suicide lors de la célébration du Nouvel an bouddhique.

Six mois plus tard, en octobre, des Tigres tamouls avaient visé un rassemblement politique dans le nord, tuant 27 personnes. Et le mois dernier, 20 soldats sri-lankais et huit civils avaient péri dans une attaque suicide perpétrée contre un camp de réfugiés tamouls et là encore mise sur le dos des LTTE.

Le Sri Lanka est un pays en guerre depuis 37 ans, comptant une grande majorité de Cinghalais, en général bouddhistes, et une minorité tamoule, hindouiste, mais qui comprend aussi des musulmans.

129 civils tués par l'armée

Depuis plus de deux mois, le gouvernement sri-lankais a lancé une vaste offensive militaire présentée comme «finale» contre un demi- millier de LTTE acculés aujourd'hui sur 50#km2 de jungle.

Au moins 129 civils tamouls, parmi lesquels des enfants, ont été tués lundi et mardi dans les bombardements, a affirmé un site internet qui leur est favorable. Au moins 200 autres personnes ont été blessées affirme le site Tamilnet.com.

Selon le gouvernement de Colombo, quelque 36'000 civils ont fui la zone du conflit pour se réfugier dans les camps dressés par les autorités et dans des enclaves dites «zones de sécurité» censées être démilitarisées. (ats)

Ton opinion