16.01.2019 à 20:21

Lausanne

Quinze vaches comme garantie d'un prêt sur gage

Un éleveur de la Gruyère en mal de liquidités a choisi une solution pour le moins insolite pour se renflouer.

de
Xavier Fernandez
Un prêteur sur gage lausannois accepté des vaches comme garantie.

Un prêteur sur gage lausannois accepté des vaches comme garantie.

Dschaef

«Je n'avais encore jamais eu une telle demande. Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai été surpris! D'habitude, c'est plutôt des bijoux ou des montres qu'on me propose.» Juan Caïdo, prêteur sur gage à Lausanne depuis 2014, vient d'accepter un marché inédit pour lui: un prêt de 15'000 francs à rembourser en dix mois, avec comme garantie... une quinzaine de vaches Holstein.

Ces dernières font partie d'un cheptel d'une soixantaine de têtes, appartenant à un agriculteur de la Gruyère. «J'ai agrandi ma ferme il y a deux ans. Du coup, je suis à court de fonds propres et j'ai déjà atteint la limite d'endettement autorisée par les banques. Mais, à cause de la sécheresse de l'été dernier, je devais acheter du fourrage», explique ce producteur laitier.

Pratique courante il y a 100 ans

Ainsi confronté à un manque de liquidités, le Fribourgeois a eu l'idée de faire appel à un prêteur sur gage en discutant avec son père. «Il s'est souvenu avoir entendu que, dans les temps anciens, c'était une pratique assez courante, puisqu'il n'y avait pas de banques à la campagne», partage-t-il. Et Juan Caïdo d'ajouter: «J'ai commencé par vérifier si c'était légal et j'ai découvert qu'il y avait effectivement une ancienne disposition dans la loi autorisant ce type de transactions.»

La grande différence avec ce qui se faisait il y a une centaine d'années, c'est que le Gruérien a pu conserver ses vaches dans son exploitation. «Avant, le paysan devait les amener dans une ferme communale, le temps de rembourser son prêt. Mais, vu que c'est mon gagne-pain, ça n'aurait pas eu de sens de me les prendre», détaille l'agriculteur. Au final, les seules contraintes pour lui, c'est qu'il ne peut pas vendre les vaches choisies par Juan Caïdo. Et, si l'une d'elles venait à décéder, il devra la remplacer.

Prix fixés par un algorithme

Pour fixer le montant proposé, Juan Caïdo utilise un algorithme, alimenté par une base de données regroupant plus de 600'000 objets. Cela lui permet de déterminer la somme qu'il est sûr de récupérer en vendant le bien, si le client ne rembourse pas son prêt. Du coup, certains sont parfois frustrés car ils espéraient davantage d'argent. Dans le cas des vaches, il a dû procéder autrement. «Je n'avais pas intégré d'animaux vivants dans ma base de données. Mais je vais le faire dans les prochains mois.» Juan Caïdo a calculé que, la valeur moyenne des bêtes de l'agriculteur étant de 2300 francs, il ne prenait pas trop de risques en lui proposant 1000 francs par tête.

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