Maison de naissance – «Qu’un médecin vienne sur place n’apporte aucun avantage»

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Maison de naissance«Qu’un médecin vienne sur place n’apporte aucun avantage»

L’établissement Luna, dans le canton de Berne, est menacé de fermeture, car il ne peut plus assurer l’intervention d’un médecin de proximité en cas d’urgence. L’incompréhension règne.

Susanne Clauss, directrice de la maison de naissance Luna à Ostermundigen (BE).

Susanne Clauss, directrice de la maison de naissance Luna à Ostermundigen (BE).

Adrian Moser

La directrice de la maison de naissance Luna, à Ostermundigen (BE), Susanne Clauss, est désemparée. Selon la «Berner Zeitung», l’office cantonal de la Santé a retiré l’autorisation d’exploitation de l’établissement. En cause: la maison de naissance n’est pas en mesure de faire venir un médecin dans un délai de quinze minutes en cas d’urgence. Cette exigence du canton de Berne doit impérativement être remplie.

Jusqu’à présent, la maison Luna avait trouvé un compromis au travers d’une collaboration avec le service d’urgence de la Sanitätspolizei de la ville de Berne. Mais le contrat entre les deux parties a été résilié à la fin de 2021.

Interrogé par le quotidien bernois, le service d’urgence explique la fin de la collaboration par des divergences d’opinions sur les valeurs médicales ainsi qu’un manque de confiance et de communication. La Sanitätspolizei ajoute qu’elle n’avait, elle, pas non plus de mandat de prestations lui permettant de mettre à disposition de la maison de naissance une prestation médicale gratuite 24h sur 24.

Exigence inutile?

Si cette décision n’est pas une surprise pour la directrice, qui connaissait cette exigence, elle constitue néanmoins une grande déception et une incompréhension. «Nous ne pouvons pas répondre à la demande du canton», regrette Susanne Clauss, qui dit s’être battue contre cette contrainte qu’elle juge inutile d’un point de vue médical.

«Si des problèmes se profilent lors d’un accouchement, les sages-femmes savent réagir à temps», explique la directrice, qui a elle-même exercé en tant que sage-femme. «En cas d’urgence, le transfert à l’hôpital, où se trouvent des spécialistes et l’infrastructure nécessaire, est la seule solution», poursuit-elle, précisant que sa maison de naissance dispose d’un concept d’urgence détaillé.

Action en justice

«Mais le fait qu’un médecin – à qui le canton n’impose aucune exigence en matière de spécialisation – vienne sur place n’apporte aucun avantage» selon Susanne Clauss. Elle a donc cherché à plusieurs reprises à discuter avec les autorités, mais n’a pas réussi à obtenir gain de cause. La responsable ne comprend pas non plus la raison invoquée par le service d’urgence pour rompre le contrat. «Nous n’avons pas connaissance de valeurs médicales qui auraient été différentes», se défend-elle.

L’existence de la maison Luna est donc menacée. Une action en justice est en cours pour tenter de changer la situation et une élue au Grand Conseil bernois s’est emparée de l’affaire. L’établissement a été fondé au début des années 2000 à Bienne avant de déménager en 2017 à Ostermundigen. La maison emploie 38 personnes.

L’année dernière, 253 enfants y sont nés et le personnel a pris en charge 152 autres femmes avant ou après l’accouchement. La maison de naissance Luna est une offre extra-hospitalière: seules des sages-femmes sont présentes lors de l’accouchement. Si des interventions médicales sont nécessaires, les femmes ou les bébés sont amenés à l’hôpital.

(jba)

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