Présidentielle française: Radis et croque-monsieur: «Rien de bling-bling»
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Présidentielle françaiseRadis et croque-monsieur: «Rien de bling-bling»

Stéphane Bern, invité par Emmanuel Macron à fêter le résultat du premier tour à la Rotonde, dimanche, raconte l'atmosphère de la soirée.

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Stéphane Bern a répondu à l'invitation de son ami Emmanuel Macron. (photo: AFP/Geoffroy van der Hasselt)

Stéphane Bern a répondu à l'invitation de son ami Emmanuel Macron. (photo: AFP/Geoffroy van der Hasselt)

Alors que beaucoup ont aimé faire un parallèle entre le Fouquet's de Sarkozy en 2007 et la Rotonde de Macron en 2017, Stéphane Bern a tenu à mettre les choses au point dans «Le Parisien». «Ce n'était pas bling-bling», a indiqué l'animateur, qui est ami avec le couple Macron depuis quelques années. «C'était tout simple, en fait. On a bu un verre. Il y avait quelques radis, des cacahuètes et de petits morceaux de croque-monsieur».

Puis le Luxembourgeois de cœur monte au créneau pour répondre aux attaques du Front national : «C'est un mauvais procès. Faut arrêter. Eric Zemmour, pour citer une référence qui plaît au Front national, déjeune tous les jours à la Rotonde. Après tout, c'est une brasserie de quartier pas chère du tout (le plat est à 28 euros environ). Et comme Emmanuel Macron l'a rappelé, c'est là qu'il a lancé son mouvement. C'est un retour aux sources, une marque de fidélité et d'engagement».

A l'opposé du bling-bling, Stéphane Bern a trouvé son ami «d'une humilité extrême. Et surtout, quand il vous serre la main, il vous regarde dans les yeux et à ce moment-là, vous êtes la personne la plus importante du moment. Il n'y a que chez la reine d'Angleterre et quelques têtes couronnées que j'ai vu ça».

Macron reconnaît que «rien n'est gagné»

Le candidat centriste Emmanuel Macron a admis mardi soir que «rien n'est gagné» pour le second tour de la présidentielle française face à la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen, qui veut «rassembler les patriotes (...) de droite ou de gauche». Très offensive sur le terrain, la candidate du Front national était engagée dans la délicate opération pour séduire les électeurs qui ont voté au premier tour pour le conservateur François Fillon et le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Le président socialiste François Hollande a quant à lui lancé une mise en garde, estimant que le score du FN au premier tour ne devait pas être sous-estimé. «Je pense qu'il convient d'être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n'est fait parce qu'un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte», a déclaré le chef d'Etat, appelant à ce que le score de l'extrême droite soit «le plus faible possible» le 7 mai.

Macron critiqué

François Hollande avait annoncé la veille qu'il voterait pour son ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron pour contrer «le risque» Le Pen en terme de suppression d'emplois, de pouvoir d'achat et de rupture avec l'Union européenne.

«Ce n'est pas rien que l'extrême droite soit au deuxième tour d'une élection présidentielle», a-t-il insisté mardi. Pour la deuxième fois de son histoire, le Front national s'est hissé au second tour, cette fois-ci avec un score «historique» (21,30%) et un record de voix (7,7 millions).

Et l'attitude du centriste Macron, qui consacrait son début de semaine à des consultations en vue d'une future majorité, a été critiquée par nombre de commentateurs, jugeant qu'il donnait l'impression «d'enjamber» le second tour, comme s'il considérait la victoire déjà acquise.

Ralliements de tous bords

Emmanuel Macron a répondu en estimant «ne pas avoir de leçons à recevoir». «Rien n'est jamais gagné, il faut se battre». «Personne ne me donnait gagnant il y a un mois et demi, je suis l'exemple vivant que les pronostiqueurs ont tort», a-t-il assuré.

Selon un sondage publié mardi, Marine Le Pen, arrivée derrière Emmanuel Macron dimanche soir, serait battue le 7 mai avec 31% des suffrages du fait d'un report défavorable des voix. Reste l'inconnue de l'abstention.

Pour conquérir les électeurs déçus par les résultats du premier tour, la candidate s'est très vite replongée dans la campagne: elle a visité l'immense marché agroalimentaire de Rungis, en banlieue parisienne, après un déplacement la veille dans le nord du pays. Elle tiendra un meeting jeudi à Nice (sud-est), bastion de la droite où elle espère capter des voix.

Le Pen: «Je suis la candidate du peuple»

«Mon adversaire a une vision désincarnée de la France, il est le candidat de l'oligarchie. Je suis la candidate du peuple», a affirmé mardi soir Marine Le Pen à la télévision, estimant que «c'est la France qu'il faut choisir dans cette élection présidentielle, face à sa dilution dans une mondialisation sauvage».

«Je veux rassembler l'ensemble des patriotes, de droite ou de gauche, je ne regarde pas leur vote de premier tour», a-t-elle martelé, avant de revenir sur un de ses thèmes favoris, l'immigration: «Nous avons 7 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres, or nous faisons venir 200'000 étrangers par an».

(mc/20 minutes/afp)

La Manif' pour tous appelle à ne pas voter Macron

Emmanuel Macron avait prévu mercredi un déplacement dans le nord-ouest suivi d'un meeting à Arras (nord), terre acquise au FN. La célébration de sa première place du premier tour, dimanche soir dans une grande brasserie parisienne, a fait couler beaucoup d'encre. Il a assuré mardi n'avoir «aucun regret», ajoutant qu'il n'obéirait pas au «diktat d'une bien-pensance triste qui (lui) dirait où aller».

Emmanuel Macron a recueilli des ralliements de tous bords pour «faire barrage» à l'extrême droite. Mais Jean-Luc Mélenchon n'a pas donné pour l'heure de consigne de vote. Et le mouvement antimariage gay, La manif pour tous, proche du candidat de droite battu François Fillon, a appelé à ne pas voter Macron.

Plus tôt mardi, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont écouté ensemble le discours émouvant du compagnon du policier Xavier Jugelé, tué dans un attentat revendiqué par le groupe djihadiste, Etat islamique (EI). Un hommage national a été rendu au capitaine de 37 ans devenu la 239e victime de la vague d'attentats islamistes commis en France depuis janvier 2015.

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