Equateur: Rafael Correa assuré d'être réélu

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EquateurRafael Correa assuré d'être réélu

Le président Rafael Correa, l'un des dirigeants de gauche les plus en vue d'Amérique latine, devrait être réélu haut la main dimanche en Equateur.

L'issue de la présidentielle équatorienne ne fait aps de doute.

L'issue de la présidentielle équatorienne ne fait aps de doute.

Rafael Correa doit une partie de son succès à sa politique d'utilisation de la manne pétrolière en faveur des plus démunis. Le chef de l'Etat sortant, qui fêtera ses 50 ans en avril, dispose de 62% des intentions de vote, selon un récent sondage réalisé par Perfiles de Opinion, soit plus de 50 points d'avance sur son principal rival, l'ancien banquier Guillermo Lasso. Ce dernier a fait campagne sur une baisse de la fiscalité et une relance de la croissance par le secteur privé. Il est crédité de 9% des voix.

Six autres candidats aux profils très divers se présentent, d'Alberto Acosta, un ancien allié de Rafael Correa qui fait campagne pour la défense de l'environnement, à Alvaro Noboa, un magnat de la banane, qui en est à sa cinquième candidature.

Le président sortant, qui s'est fait connaître sur la scène internationale l'an dernier en accordant l'asile politique au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, s'est mis en congé de la république pour faire campagne.

De hameaux en taudis

Depuis six semaines, il va de hameaux andins en taudis urbains, ses rivaux se contentant pour la plupart de traverser les bidonvilles à bord de convois motorisés et inondant la presse locale de publicité. «Nous avons déjà un président, nous avons Rafael!» entend-on dans son sillage.

Arrivé au pouvoir en 2007 en promettant la «révolution des citoyens», il a été réélu en 2009 sous les auspices d'une nouvelle Constitution.

Les 15 millions d'Equatoriens semblent apprécier sa politique de développement et d'accès à la santé et à l'éducation ainsi que sa fermeté face aux puissances financières et aux compagnies pétrolières. Mais certains critiquent son impulsivité et son intolérance à la contestation et l'accusent d'autoritarisme.

«Les gens disent qu'il est arrogant, mais avec lui, les choses sont faites», dit Franklin Ramirez, professeur de sciences politiques. «Les gens ont pu constater la différence entre l'instabilité politique et la paralysie de l'Etat par le passé et l'extraordinaire dynamisme actuel».

Sympathie pour Cuba et Chavez

Rafael Correa ne cache pas ses sympathies pour le régime cubain et pour son homologue vénézuélien, Hugo Chavez. S'il gagne dimanche, il obtiendra un nouveau mandat de quatre ans. Dans la décennie avant son arrivée au pouvoir, trois présidents ont été démis de leurs fonctions par des coups d'Etat militaires et des manifestations de rue.

«Je note le changement. J'ai bénéficié de l'aide aux petites entreprises. Voilà des faits, pas des mots», dit Luis Paredes, 38 ans, qui dirige une petite affaire de réparation de meubles de bureau, lors d'un meeting de M. Correa à Quito.

S'il l'emporte dimanche, il lui restera à gagner la confiance des investisseurs qui boudent l'Equateur. En 2008, le pays a fait défaut sur 3,2 milliards de dollars de dette extérieure. En 2010, il a contraint les compagnies pétrolières à signer de nouveaux contrats plus favorables à l'Etat.

En conséquence, les investissements étrangers directs ont été inférieurs à un milliard de dollars par an. À titre de comparaison, le Pérou et la Colombie voisins ont respectivement reçu 7,7 et 13 milliards en 2011. Pour éviter un second tour, Rafael Correa doit, soit remporter plus de 50% des suffrages, soit au moins 40% avec une avance de dix points sur le second candidat le mieux placé. (ats)

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