Syrie: Ragaillardi, Assad se dit confiant en sa victoire
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SyrieRagaillardi, Assad se dit confiant en sa victoire

Le leader syrien, fort de nouvelles armes et de succès militaires, met en garde les puissances internationales.

par
arg

«Tous les accords passés avec la Russie seront honorés et une partie l'a déjà été dernièrement.» Par ces mots prononcés jeudi dans une interview, le leader syrien a assuré avoir reçu de son allié des systèmes sophistiqués de défense anti-aérienne. L'annonce de Bachar al-Assad visait à dissuader toute intervention étrangère dans la guerre en Syrie, qui a déjà fait plus de 94'000 morts et 5 millions de déplacés.

Le dirigeant syrien s'exprimait sur la chaîne de télévision contrôlée par ses alliés libanais du Hezbollah. Ce puissant mouvement chiite combat actuellement aux côtés du régime pour reprendre la ville stratégique de Qousseir. La région serait déjà contrôlée à 80% par les troupes loyalistes. L'opposition a lancé un appel «urgent» à la communauté internationale pour sauver «plus de mille civils blessés», piégés dans la cité. «La ville manque totalement de médecins, de personnel soignant et de kits d'aide de première urgence», a ajouté un communiqué des anti-Assad.

Présence du Hezbollah

La confirmation de la livraison d'armes russes est susceptible de raviver la tension entre Moscou et Washington, qui ne parviennent toujours pas à mettre sur pied une confé­rence internationale de paix, prévue en juin à Genève. Pour ne rien arranger, l'opposition syrienne a annoncé jeudi avoir convenu de ne «prendre part à aucune conférence internationale ou à aucun autre effort du genre tant que les militants de l'Iran et du Hezbollah envahissent la Syrie», selon une déclaration de son chef par intérim, George Sabra.

Le président Assad a reconnu pour la première fois que le mouvement chiite du Hezbollah combattait aux côtés de ses troupes dans la ville stratégique de Qousseir, dans le centre-ouest de la Syrie, proche de la frontière libanaise.Et agitant la menace de l'ouverture d'un front avec Israël, qui a mené trois raids près de Damas contre des cibles militaires, M. Assad a expliqué qu'«il y a une pression populaire manifeste pour ouvrir le front de résistance au Golan». «Il y a plusieurs facteurs, (dont) les agressions israéliennes répétées», a-t-il dit. Le plateau du Golan a été occupé par Israël en 1967 et depuis il n'y a pas eu de violences entre les deux pays, théoriquement en état de guerre.

(arg/afp)

Israël sur le qui-vive

La présence des missiles russes dans l’arsenal syrien est inquiétante pour Jérusalem. Ces engins ultramodernes peuvent atteindre des avions civils au-dessus de l’aéroport de Tel-Aviv, selon un ministre israélien. L’Etat hébreu a toutefois assuré qu’il ne voulait pas provoquer «d’escalade» avec Damas. Dans son interview de jeudi, Bachar al-Assad n’a pas oublié de menacer son ennemi du sud, évoquant la «pression populaire» pour ouvrir un front sur le Golan, une région prise par Israël à la Syrie en 1967.

Assad pourrait être candidat à sa réélection en 2014

Bachar al-Assad a affirmé jeudi soir qu'il pourrait être candidat à la présidentielle de 2014 «si le peuple le souhaite». Le président syrien a fait cette déclaration à la chaîne de télévision du Hezbollah libanais Al-Manar.

M. Assad, appelé à quitter le pouvoir par l'opposition et les Occidentaux, a indiqué dans une interview qu'il n'hésiterait pas à se présenter à la présidentielle agendée l'année prochaine. «Cette question sera décidée au moment voulu (...) si je sens qu'il y a une nécessité de me porter candidat, et si je sens que le peuple souhaite cette candidature, je n'hésiterai pas à le faire», a-t-il dit. «Mais si je sens que le peuple syrien ne le veut pas (...) je ne me porterai pas candidat», a-t-il cependant précisé.

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