Actualisé 16.11.2006 à 08:03

Ralentissez votre pouls pour vivre plus longtemps

Réussir à ralentir son pouls au repos contribue à accroître ses chances de vivre plus longtemps, affirme une étude française qui a suivi plus de 4000 hommes durant plus de 20 ans.

L'exercice physique est le meilleur moyen de réduire la fréquence cardiaque.

L'étude du Dr Xavier Jouven, responsable d'une équipe à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à l'hôpital Européen Georges Pompidou à Paris, établit un lien entre l'abaissement de la fréquence cardiaque au repos sur cinq ans et la réduction du risque de mortalité qui en découle par la suite.

Les hommes dont le pouls au repos a diminué de plus de 7 battements par minute (bpm) au cours de ces cinq années ont vu leur risque de mortalité abaissé de près de 20 %, comparés à ceux dont la fréquence au repos était resté stable. En revanche, l'augmentation du rythme cardiaque au repos s'est traduite par accroissement du risque de mortalité de près de 50 %, selon l'étude.

A surveiller

L'étude a porté sur 4320 citadins âgés de 42 à 53 ans, recrutés entre 1967 et 1972, et suivis sur plus de 20 ans. Durant cette période, 1018 décès de causes diverses ont été enregistrés. Les autres facteurs de risque (poids, tension artérielle, tabac...) ont été pris en compte.

La fréquence cardiaque ou nombre de battements du coeur par minute (bpm) reflète l'effort du coeur pour adapter l'afflux de sang aux besoins du corps. On savait par de précédentes études que plus la fréquence cardiaque au repos est élevée, plus le risque de mortalité augmente.

Mais l'étude du Dr Jouven est la première à avoir exploré la signification des changements du pouls au repos au fil du temps. Le pouls est à surveiller, aussi systématiquement que la pression artérielle, «c'est un indicateur de santé qui a été jusqu'à présent négligé», estime-t-il.

Fumée, poids

«Une élévation progressive de la fréquence cardiaque de repos au cours des ans, est un signe d'alerte» qui doit être pris en considération. Même si «on ne sait précisément pourquoi le pouls de repos fluctue au cours du temps», relève-t-il.

La pratique régulière d'un exercice physique (vélo, course à pied...) est le meilleur moyen d'abaisser la fréquence cardiaque de repos. A condition, bien sûr, de pratiquer progressivement, les sédentaires devant éviter de se lancer brutalement dans des sports intensifs.

«Arrêter de fumer et perdre du poids en cas de surcharge pondérale en adoptant une alimentation adaptée peut également permettre d'abaisser la fréquence cardiaque», précise le cardiologue.

Etude sur les femmes

Si un pouls au repos compris entre 60 et 80 bpm est considéré comme normal, les athlètes ou les sujets en excellente condition physique peuvent avoir des fréquences cardiaques de l'ordre de 40 ou 50 bpm au repos, voire même de 35 à 40 bpm chez des sportifs de haut niveau.

Faute de normes internationales, le cardiologue préconise de mesurer le pouls au poignet pendant une minute pleine et après cinq minutes de repos allongé, comme pour la tension artérielle.

Les femmes sont absentes de l'étude car à l'époque, le risque cardiaque était considéré comme essentiellement masculin. Mais une étude fin 2007, concernant 10 000 femmes et 10 000 hommes, permettra de corriger le tir. (ats)

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