France: Ramadan a tenté d'obtenir un portable en prison
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FranceRamadan a tenté d'obtenir un portable en prison

Selon le «JDD», un incident survenu l'été dernier a poussé le juge des libertés à maintenir le prédicateur genevois, accusé de viols, derrière les barreaux.

par
joc

Un juge a refusé, la semaine dernière, la quatrième demande de remise en liberté déposée par Tariq Ramadan. Dans son ordonnance de rejet datée du 6 novembre, le magistrat estime que la détention «est toujours nécessaire», évoquant notamment des «risques de pression sur les plaignantes». Dans ce document, le juge estime que ces risques semblent «hautement caractérisés». Il met en avant «des manœuvres d'intimidation et des menaces dont ont fait part les plaignantes de la part du mis en examen». Selon le «JDD», les craintes du juge sont notamment basées sur un incident survenu l'été dernier.

En août, le prédicateur genevois aurait en effet tenté de se procurer un téléphone portable auprès d'un gardien de la prison de Fresnes, selon un rapport de l'administration pénitentiaire. C'est pour« éviter le renouvellement de tels faits» que le juge des libertés a préféré maintenir Ramadan derrière les barreaux. Interrogé par le journal dominical, Emmanuel Marsigny, l'avocat de l'islamologue, a balayé ces accusations: «C'était une boutade de Tariq Ramadan (...), liée au portable qu'on lui apporte dans sa cellule pour téléphoner. C'est l'exemple type du traitement qui lui est réservé», s'agace l'homme de loi, qui a fait appel de la décision du juge.

L'islamologue est incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février pour «viols», à la suite des plaintes de deux femmes déposées à l'automne 2017. Après un an de dénégations, Tariq Ramadan a finalement reconnu le 22 octobre avoir eu un rapport sexuel avec ces deux femmes, mais il a affirmé aux juges d'instruction que ces relations étaient «consenties». Si ce rebondissement est mentionné dans l'ordonnance, il n'a toutefois pas infléchi la position du juge des libertés et de la détention.

Le prédicateur suisse de 56 ans avait jusqu'ici nié tout rapport physique avec ces deux femmes, reconnaissant seulement en juin des relations extra-conjugales de «domination» avec d'autres anciennes maîtresses et une troisième plaignante pour laquelle il n'est pas mis en examen. Il a été contraint à cette volte-face en octobre après la révélation fin septembre de centaines de SMS explicites exhumés d'un vieux téléphone d'une des plaignantes, surnommée «Christelle» par les médias.

(joc/afp)

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