Actualisé 19.04.2018 à 18:29

France

Ramadan avoue une liaison avec une plaignante

L'islamologue, qui niait jusqu'ici toute relation avec ses accusatrices, a admis avoir eu une liaison avec l'une des plaignantes françaises.

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cht/nxp
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Tariq Ramadan était présent à une conférence sur les violences faites aux femmes, dans la banlieue parisienne. Sa venue a fait scandale. (Lundi 18 mars 2019)

Tariq Ramadan était présent à une conférence sur les violences faites aux femmes, dans la banlieue parisienne. Sa venue a fait scandale. (Lundi 18 mars 2019)

AFP
L'intellectuel musulman Tariq Ramadan, remis en liberté mi-novembre, reste mis en examen pour deux viols qu'il conteste. (Jeudi 14 mars 2019)

L'intellectuel musulman Tariq Ramadan, remis en liberté mi-novembre, reste mis en examen pour deux viols qu'il conteste. (Jeudi 14 mars 2019)

Keystone
Le 15/11/18, la Cour d'appel de Paris accepte de remettre en liberté Tariq Ramadan qui déposera son passeport suisse, donnera quelque 340'000 francs de caution et se soumettra à un contrôle judiciaire hebdomadaire. Entre autres, il ne pourra approcher les deux plaignantes. (jeudi 15 novembre 2018).

Le 15/11/18, la Cour d'appel de Paris accepte de remettre en liberté Tariq Ramadan qui déposera son passeport suisse, donnera quelque 340'000 francs de caution et se soumettra à un contrôle judiciaire hebdomadaire. Entre autres, il ne pourra approcher les deux plaignantes. (jeudi 15 novembre 2018).

AFP

Les éléments à charge contre Tariq Ramadan se multiplient. Incarcéré depuis le 2 février près de Paris pour des accusations de viols de la part de trois femmes en France (ainsi qu'une en Suisse et une autre aux Etats-Unis), il a admis pour la première fois avoir eu une liaison avec la troisième plaignante française. L'islamologue genevois contestait jusqu'ici toute relation sexuelle avec ses deux premières accusatrices et fustigeait une «campagne de calomnie». C'est aussi la première fois que Tariq Ramadan admet une liaison extra-conjugale dans cette affaire.

Selon Europe 1 jeudi, il a admis avoir une relation avec celle que la presse a prénommé Marie, une femme de 42 ans convertie à l'islam, qui avait fourni une centaine de captures d'écran des messages très crus échangés avec Ramadan.

Toutefois, selon l'avocat de l'islamologue, «l'histoire» qu'elle aurait eue avec son client «n'est pas celle qu'elle a décrite», a-t-il affirmé. Il s'expliquera devant les juges, a-t-il ajouté auprès du journal Libération.

Robe tachée de sperme

La femme a également donné aux enquêteurs une robe tachée du sperme de Ramadan. Mercredi, une expertise a été ordonnée pour vérifier si cette tache correspond à l'ADN de son présumé bourreau. Mais selon une source proche du dossier, cette robe s'ajoute à «un volume incroyable d'échanges vocaux, écrits et vidéos», dont «90% sont à caractère sexuel très explicite», entre l'islamologue et Marie, mais aussi des menaces «quasi systématiques» dès qu'elle se rebelle.

Cette Lilloise est une ex-escort-girl de 45 ans qui fut citée dans l'affaire de proxénétisme du Carlton dans laquelle l'ex-ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn a été mis en cause avant d'être relaxé. Elle a affirmé avoir subi de multiples viols entre 2013 et 2014 en France, à Bruxelles et à Londres.

Elle a décrit aux enquêteurs le même mode opératoire que les autres plaignantes : une phase de séduction sur les réseaux sociaux à un moment difficile de sa vie, puis des rencontres tournant très vite à l'agression sexuelle violente, sous la contrainte, le plus souvent dans des hôtels en marge des conférences à succès du prédicateur.

«Contradictions flagrantes»

Après l'avoir longtemps nié, le petit-fils du fondateur égyptien des Frères musulmans a par ailleurs admis être bien arrivé le matin du 9 octobre 2009 à Lyon et non en fin d'après-midi pour une conférence, ce qu'au moins un témoin, qui était allé le chercher à l'aéroport, a confirmé.

C'est précisément cet après-midi-là qu'une plaignante, identifiée sous le prénom Christelle, quadragénaire convertie à l'islam et handicapée, dit avoir été violée par Tariq Ramadan dans sa chambre d'hôtel et y être ensuite restée prostrée jusqu'à une heure avancée de la nuit. Si l'alibi invoqué dans un premier temps par Tariq Ramadan est tombé, il continue de contester les accusations de cette femme, dont le fait qu'elle serait restée dans sa chambre.

Son avocat a notamment demandé que soient examinés des échanges par messagerie électronique entre Christelle et un témoin, révélant selon lui des «contradictions flagrantes» avec la version donnée par la plaignante aux enquêteurs.

Une expertise a aussi été demandée sur une photographie de l'assistance à la conférence, sur laquelle apparaîtrait, au quatrième rang, une femme ressemblant à Christelle, ce qui contredirait la version selon laquelle elle était au même moment prostrée dans la chambre de l'islamologue.

En prison malgré la sclérose en plaques

Mercredi, une expertise très attendue avait décidé que Tariq Ramadan, qui souffre d'une sclérose en plaques depuis 2006, pouvait suivre son traitement médical même en détention. Il devra en revanche continuer à bénéficier de l'accès aux soins, notamment de son traitement médicamenteux et de ses quatre séances de kinésithérapie hebdomadaire. L'islamologue, disant souffrir d'une sclérose en plaques et d'une neuropathie, avait contesté son incarcération.

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