Carnet noir: Rares visites de la «Dame de fer» en Suisse
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Carnet noirRares visites de la «Dame de fer» en Suisse

Margaret Thatcher a effectué une seule visite officielle en Suisse c'était en septembre 1990. Deux mois plus tard, elle participe à une Conférence sur le climat à Genève.

La venue de Mme Thather en terres helvétiques avait fait l'événement le 20 septembre 1990 car il s'agissait de sa première visite officielle en Suisse, en tant que chef du gouvernement britannique. Elle s'était entretenue avec le président de la Confédération d'alors, Arnold Koller, notamment sur la question de l'intégration européenne.

La cheffe du parti conservateur avait déclaré que la neutralité n'est en aucun cas un obstacle à l'éventuelle adhésion de la Suisse à la Communauté européenne (CE). Cette organisation aujourd'hui dissoute est l'un des piliers de l'Union européenne.

Mme Thatcher avait en outre loué l'engagement de la Suisse dans la politique internationale. Le programme de sa visite comportait des réceptions, des visites d'entreprises et des conversations avec des représentants des milieux économiques.

A Bâle, la première ministre, qui était aussi licenciée en chimie, s'était déclarée très impressionnée par la visite chez le numéro un de la chimie suisse Ciba-Geigy (devenu Novartis en 1996 après sa fusion avec Sandoz).

Manifestation à Berne

La plus grande partie de l'équipe accompagnant Mme Thatcher était rentrée à Londres, au terme de la partie officielle de la visite. Les époux Thatcher s'étaient accordés un jour supplémentaire en Suisse. Ils avaient rendu visite à une amie de Mme Thatcher au château Freudenberg, au bord du lac de Zoug.

La venue de Mme Thatcher en Suisse avait suscité une manifestation de quelque 300 personnes à Berne. Les protestataires brandissaient des banderoles aux slogans hostiles, dénonçant notamment «la longue occupation britannique en Irlande du Nord». Dix-sept personnes avaient été arrêtées.

Conférence sur le climat

Le 6 novembre 1990, soit deux semaines avant sa démission, Margaret Thatcher était venue à Genève pour la 2e Conférence mondiale sur le climat. Elle y avait alors plaidé pour une action immédiate «et au niveau mondial» afin de stabiliser les émissions de CO2.

Six ans plus tôt, en 1984, deux ans après la guerre des Malouines, la Suisse a tenté de jouer un rôle de médiateur dans la normalisation des relations entre Londres et Buenos Aires.

La rencontre anglo-argentine aurait dû se tenir à Berne. Elle n'a pas eu lieu notamment à cause de la position inflexible de Margareth Thatcher, raconte l'ancien ambassadeur Edouard Brunner dans ses mémoires publiées en 2002.

Fils condamné

L'homme d'affaires Mark Thatcher, fils de la Dame de fer, a obtenu en 1991 un permis de séjour en Suisse. Il a travaillé en qualité d'adjoint à la direction de la Compagnie financière Espirito Santo SA à Lausanne. Par la suite, des rumeurs ont fait état d'une éventuelle implication de M. Thatcher dans un trafic d'armes avec l'Irak de Saddam Hussein.

En janvier 1993, le Conseil fédéral annonce qu'il ne dispose «d'aucun élément concret permettant d'établir que Monsieur Thatcher se livre ou se soit livré, à partir de notre territoire, à un quelconque trafic d'armes». En avril de cette année-là, Mark Thatcher quitte la Suisse et ne renouvelle pas son autorisation de séjour.

En 2005, en Afrique du Sud, l'homme est condamné à une amende et à quatre ans de prison avec sursis après avoir plaidé coupable devant la Haute Cour du Cap. Il était jugé dans le cadre d'une tentative de coup d'Etat en Guinée Equatoriale. (ats)

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