Genève: Ras-le-bol des mégots? Faites-en des tabourets
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GenèveRas-le-bol des mégots? Faites-en des tabourets

Un duo veut se débarrasser des cigarettes qui jonchent le sol devant les bâtiments universitaires. Ils en feront du mobilier.

par
Lucie Fehlbaum
L'action de ramassage de mardi a permis de récolter 15 litres de mégots.

L'action de ramassage de mardi a permis de récolter 15 litres de mégots.

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Comment «combattre l'ignorance, la bêtise et le vice» à l'aide d'un seau et d'une paire de gants ? En s'engageant pour débarrasser les parvis des universités genevoises des mégots qui les souillent. Mercredi, une quinzaine d'étudiants courageux ont bravé le froid devant le bâtiment de Sciences III, de 16h à 18h, pour une première récolte. «Nous avons ramassé 10 litres de mégots et au passage, rempli 9 seaux de 10 litres d'immondices», détaille Mathieu, étudiant en biologie et créateur du projet «Ne Mégotte Pas». Rejoint par Laetitia, en master de sciences de l'environnement, ils s'érigent depuis octobre contre le littering tabagique.

Un tabouret pour 14'000 mégots

Les bouts de cigarettes ainsi récoltés seront d'abord exposés dans une vitrine dans le hall de Sciences III, puis transformés en tabouret. «Nous avons découvert l'entreprise MéGo!, basée à Grenoble, qui dépollue les filtres, les transforme en poudre, puis en plaques, qui servent à construire du mobilier. Ils recyclent 14'000 mégots en fabriquant un tabouret», s'enthousiasment les deux universitaires. Les actions de ramassage prendront fin en juin. Les bâtiments des Bastions, d'Uni Mail et le CMU auront droit à leur séance d'épouillage et les déchets ainsi récoltés iront à Grenoble, avant de revenir sous forme de meubles. La prochaine action aura lieu le 3 avril à Uni Mail, à 16h.

Fumée passive

Avec leur projet, Laetitia et Mathieu ont remporté le Premier prix d'encouragement au développement durable de l'université, soit 5000 francs. Leur préoccupation est partagée par l'institution: plusieurs étudiants et collaborateurs sont dérangés par les attroupements de fumeurs à proximité des portes. «Nous avons reçus des plaintes de fumeurs passifs qui n'ont pas envie de l'être, confirme Marco Cattaneo, porte-parole de l'Université de Genève. Elles sont aussi accompagnées de projets relatifs au problème de fumée à l'entrée des bâtiments. Éloigner les zones fumeurs, c'est facile. Mais comment garantir qu'en-dehors de ces espaces, les fumeurs ne jetteront pas leurs mégots par terre? Plusieurs étudiants veulent dès lors repenser ces emplacements.»

Biodiversité affectée

«Le mégot, c'est la première source de déchet à Genève. Une grande partie se retrouve dans l'Arve et le Rhône, déplore Mathieu, en master de biologie. La biodiversité en est très affectée.» Le projet "Ne Mégotte Pas" se décline en plusieurs actions ponctuelles. En plus des ramassages, Mathieu et Laetita ont acheté des cendriers de vote. Ces installations proposent aux fumeurs de prendre part à un débat en jetant leur cigarette dans un compartiment "oui" ou "non". Laetita et Mathieu ont aussi fait appel à UniArt pour repeindre les cendriers de l'Université, et distribuent gratuitement, avec l'aide du CIPRET, des boîtes à cendre portatives.

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