Hong Kong: Rassemblement de soutien aux opposants inculpés
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Hong KongRassemblement de soutien aux opposants inculpés

Des centaines de militants pro-démocratie étaient rassemblés lundi matin aux abords d’un tribunal de Hong Kong, scandant des slogans en soutien à plusieurs dizaines d’opposants inculpés pour «subversion».

Messages de soutien aux détenus à Hong Kong le 1er mars 2021.

Messages de soutien aux détenus à Hong Kong le 1er mars 2021.

AFP

Pékin a engagé en 2020 une reprise en main musclée de sa région semi-autonome, dans la foulée de l’immense mobilisation pour la démocratie qui a ébranlé l’ex-colonie britannique pendant des mois en 2019. L’un des principaux outils de cette répression est une loi draconienne sur la sécurité nationale qui a été imposée par Pékin à Hong Kong. Les interdictions de rassemblement quasi permanentes ordonnées pour lutter contre le coronavirus ont aussi permis aux autorités d’empêcher presque toutes les velléités de manifestation.

Dimanche, la police a engagé des poursuites pour «subversion» contre 47 figures du camp pro-démocratie pour subversion, soit le groupe le plus important à avoir été inculpé le même jour au nom de la loi sur la sécurité nationale. Cette décision a été fortement condamnée par les capitales occidentales, à commencer par Washington et Londres, qui accusent Pékin de renier sa promesse de préserver les libertés hongkongaises faite au moment de la rétrocession en 1997.

Lundi, des centaines de personnes faisaient la queue pour entrer dans le tribunal de Kowloon où devaient comparaître les opposants pour leur inculpation formelle. Il s’agissait, dans le contexte de la pandémie, du plus important rassemblement pro-démocratie en plusieurs mois dans l’ex-colonie britannique.

«Libérez Hong Kong»

«Libérez les prisonniers politiques», «Debout pour Hong Kong», scandaient des protestataires. «Libérez Hong Kong, la révolution de notre temps», disaient d’autres en reprenant le leitmotiv de la mobilisation de 2019, un slogan qui est désormais illégal en vertu de la loi sur la sécurité nationale. Certains faisaient le salut à trois doigts, symbole de résistance dans plusieurs pays asiatiques, comme la Thaïlande ou la Birmanie. Des élèves d’une école voisine ont par ailleurs été entendus lançant des encouragements aux prévenus des fenêtres de leur établissement.

Kwan Chun-sang, un conseiller local, a expliqué avoir passé la nuit dans la rue, près du tribunal, pour être sûr de figurer parmi les premiers dans la file d’attente permettant d’accéder aux bancs du public, dans la salle d’audience. «Peu après que les poursuites aient été lancées hier, j’ai décidé de venir et de passer la nuit ici», a-t-il dit à l’AFP. «Je veux montrer mon soutien aux militants pro-démocratie.»

Un petit groupe de partisans du gouvernement était également aux abords du tribunal pour crier leur soutien aux autorités. «Punissez sévèrement les traîtres, appliquez la loi sur la sécurité et jetez-les derrière les barreaux», pouvait-on lire sur une banderole.

Les personnes inculpées dimanche représentent un spectre très large de l’opposition locale, avec d’anciens députés comme Claudia Mo, des universitaires comme Benny Tai, des avocats, des travailleurs sociaux et nombre de militants plus jeunes comme Joshua Wong, déjà détenu dans une autre affaire.

Opposition illégale

Ils sont poursuivis en lien avec les primaires de l’opposition, auxquelles 600’000 personnes ont participé en juillet, dans l’optique de capitaliser sur l’immense popularité de la mobilisation de 2019 aux législatives de septembre – finalement reportées d’un an au prétexte du coronavirus.

Ces primaires avaient déclenché les foudres de la Chine qui les a présentées comme une «grave provocation», une tentative de paralyser le gouvernement de la ville, et a prévenu que la campagne pouvait relever de la «subversion» en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

La plupart de ces candidats avaient par la suite été disqualifiés par les autorités. Mais les détracteurs de Pékin estiment que sa position de rejet des primaires signifie au final que toute forme d’opposition est désormais illégale à Hong Kong. «Toutes les voix importantes du mouvement pro-démocratie à Hong Kong sont désormais soit emprisonnées, soit en exil, soit inculpées pour subversion», a dénoncé dans un tweet la militante Sophie Mak.

Les 47 avaient été arrêtés début janvier lors d’un vaste coup de filet et inculpés dimanche pour «complot en vue de commettre un acte de subversion». La subversion est avec la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, un des quatre crimes visés par la loi sur la sécurité nationale que Pékin a imposée fin juin, et qui prévoit des peines de prison à vie.

«Nous condamnons l’arrestation et l’inculpation des candidats pro-démocratie aux élections de Hong Kong et exigeons leur libération immédiate», a tweeté de son côté le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

(AFP)

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