Iran: Rassemblements dans le monde pour soutenir l'opposition

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IranRassemblements dans le monde pour soutenir l'opposition

Des rassemblements ont été organisés ce week-end dans une centaine de villes pour dénoncer les violations des droits humains en Iran et soutenir l'opposition.

A Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad a subi son premier revers en devant se séparer de son vice-président, et reste sous le feu des critiques des conservateurs.

L'une des plus importantes manifestations s'est déroulée samedi à Stockholm, où se sont rassemblées quelque 4000 personnes.

A Copenhague et à Londres, près d'un millier de personnes se sont réunies, de même qu'à Amsterdam, où elles ont dénoncé «la politique répressive» de Téhéran avec l'avocate et Prix Nobel de la Paix iranienne Chirine Ebadi.

Paris a comptabilisé quelque 600 manifestants, New York plusieurs centaines, Vienne 300, Genève 250 et Lausanne une vingtaine. A Genève, une délégation s'est ensuite rendue au Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme pour y remettre une lettre destinée à sa cheffe, Navanethem Pillay.

Mobilisation en Iran aussi

En Iran même, le camp réformateur s'est à nouveau mobilisé via différents sites internet, après l'annonce de la mort en prison de deux manifestants arrêtés durant le mouvement de contestation de la présidentielle du 12 juin.

Un des vice-présidents du parlement, Mohammad Reza Bahonnar, s'est déclaré dimanche «inquiet pour la situation des prisonniers». Il a assuré que le parlement allait «suivre» ces affaires.

D'après les associations de défense des droits humains, plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées depuis le vote. Les sites internet de l'opposition ont lancé plusieurs appels condamnant les méthodes des services de sécurité et appelant à la libération de ces détenus.

Les autorités iraniennes affirment avoir libéré la majorité des manifestants arrêtés. Selon le bilan officiel, 20 personnes ont été tuées dans les émeutes ayant opposé les manifestants réformateurs à la police et aux milices islamiques.

Cérémonie pour les morts

Les chefs de l'opposition Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi ont demandé au ministre de l'intérieur l'autorisation pour une cérémonie dans le Grand Mossala (lieu de prière) de Téhéran en hommage aux manifestants tués.

Ils ont précisé qu'»il n'y aura pas de discours lors de cette cérémonie. Les participants écouteront seulement des versets du Qoran en silence».

Nouveaux heurts

D'après des témoins, de nouveaux heurts ont opposé samedi à Téhéran la police et la milice des Bassidji à des centaines de manifestants. Selon un témoin, «ils ont battu des gens qui scandaient 'Moussavi, nous te soutenons' et 'Rendez-nous notre vote'.

Le vainqueur contesté du scrutin restait quant à lui dimanche sous le feu des critiques des conservateurs. Ces derniers reprochent à Mahmoud Ahmadinejad son peu d'empressement à se plier aux ordres du Guide suprême Ali Khamenei de démettre son premier vice- président, Esfandiar Rahim Mashaie. Celui-ci a finalement démissionné samedi de son propre chef.

M. Rahim Mashaie reste en outre proche du pouvoir, ce qui a également été critiqué. Il a été nommé conseiller et chef du cabinet de M. Ahmadinejad.

Depuis une semaine, le camp conservateur contestait la promotion d'un homme qui avait fait scandale en 2008 en affirmant que l'Iran était «l'ami du peuple américain et du peuple israélien».

Ministres démis

L'affaire aurait encore eu d'autres répercussions. M. Ahmadinejad a «démis de leurs fonctions» les ministres de la Culture, des Renseignements, du Travail et de la Santé, à quelques jours de la fin du mandat de l'actuel gouvernement.

Selon l'agence Mehr, qui cite une «source bien informée», «le ministre des Renseignements, Gholamhossein Mohseni Ejeie, a été démis à la suite d'un affrontement verbal à propos de la nomination de M. Rahim Mashaie comme premier vice-président». L'agence ne précise pas la raison des autres limogeages. (ats)

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