Etats-Unis: Ratajkowski et Schumer arrêtées par la police
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Etats-UnisRatajkowski et Schumer arrêtées par la police

Le Sénat américain devrait aborder vendredi l'avant-dernière étape de la confirmation à la Cour suprême de Brett Kavanaugh. Des manifestations se sont tenues jeudi à Washington.

par
cga/ats

«Ne trahissez pas les femmes! Votez non»! Des milliers de manifestants se sont rassemblés jeudi à Washington pour appeler les sénateurs à s'opposer à la nomination à la cour suprême des Etats-Unis du juge Kavanaugh. Le républicain est accusé d'agressions sexuelles. Les protestataires espéraient convaincre des sénateurs républicains, majoritaires à la chambre haute, mais dont certains ont exprimé des doutes.

Plusieurs dizaines de protestataires, dont la comédienne Amy Schumer et le mannequin Emily Ratajkowski, ont aussi occupé brièvement un bâtiment adjacent au congrès, le siège du Parlement, avant d'être interpellés. La police leur reproche d'avoir manifesté illégalement à l'intérieur de l'enceinte du Sénat.

La Britannique a confirmé l'information sur les réseaux sociaux: «Aujourd'hui, j'ai été arrêtée alors que je protestais contre la candidature de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, un homme qui a été accusé d'agression sexuelle par plusieurs femmes. (...) La confirmation de Kavanaugh en tant que juge à la Cour Suprême des Etats-Unis est un message aux femmes de ce pays: on leur dit qu'elles n'ont aucune importance. J'exige un gouvernement qui reconnaisse, respecte et soutienne les femmes comme il le fait pour les hommes.»

Pendant la manifestation, Emily tenait une pancarte: «Respectez l'existence des femmes ou attendez-vous à notre résistance.» Sur les images diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir un policier demander à Amy Schumer si elle souhaite être arrêtée. Elle répond: «Oui».

Manifestation à Washington contre la confirmation du juge Kavanaugh

Des milliers de militants se sont retrouvés jeudi sur la colline du Capitole, où se dressent face à face la Cour suprême et le Congrès, en brandissant des pancartes barrées des messages: «Ne trahissez pas les femmes, votez non».

L'affaire Kavanaugh a éclaté à la mi-septembre, perturbant une confirmation qui semblait acquise au magistrat conservateur de 53 ans, soutenu par le président Donald Trump. La semaine dernière, l'une des accusatrices du juge a réaffirmé devant la commission judiciaire du Sénat qu'il avait tenté de la violer lors d'une soirée arrosée au début des années 1980.

Dénouement proche

Le magistrat nie vigoureusement. Un rapport du FBI, remis jeudi au Sénat, exonère Brett Kavanaugh de ces accusations, a affirmé le chef républicain de la commission, Chuck Grassley.

Le Sénat devrait aborder vendredi l'avant-dernière étape de la confirmation à la cour suprême de Brett Kavanaugh. Un vote de procédure pourrait être soumis aux sénateurs dans la matinée, avant-dernière marche avant un vote final, peut-être le lendemain.

La Maison-Blanche s'est dit «confiante» dans l'issue du scrutin. En réunion électorale dans le Minnesota, le président américain Donald Trump a même estimé jeudi soir que l'affaire Kavanaugh, qui tient les Américains en haleine depuis plusieurs semaines maintenant, était de nature à mobiliser l'électorat républicain à l'approche des élections parlementaires du 6 novembre. «Il suffit de regarder les sondages des trois ou quatre derniers jours», a-t-il claironné.

Démarche extrêmement rare pour un candidat à la cour suprême, ce dernier s'est expliqué dans une tribune à paraître vendredi dans le Wall Street Journal. Se disant être «un juge indépendant, impartial», il y reconnaît avoir été «peut-être trop ému» lors de son audition devant le Sénat la semaine dernière, au cours de laquelle il avait usé d'un «ton tranchant».

La haute cour est l'arbitre des questions de société les plus épineuses aux Etats-Unis. L'entrée de Brett Kavanaugh en son sein placerait les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années.

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