Etudes supérieures - Rattraper les cours qui tombent sur un férié? Une spécificité des HES
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Études supérieuresRattraper les cours qui tombent sur un férié? Une spécificité des HES

Les étudiants ne sont pas tous logés à la même enseigne. Dans certaines hautes écoles, les enseignants ont le droit de faire rattraper les cours manqués à cause des jours fériés.

par
Gaëlle Monayron
Il existe plusieurs types de hautes écoles: spécialisées (HES), universitaires (HEU) et pédagogiques (HEP).

Il existe plusieurs types de hautes écoles: spécialisées (HES), universitaires (HEU) et pédagogiques (HEP).

Pixabay (Photo d’illustration)

«Dans ma classe, on a été surpris d’avoir des périodes supplémentaires pour compenser les heures perdues à cause des jours fériés», raconte un étudiant de la HEIG-VD. Deux de leurs enseignants ont en effet choisi de remplacer un cours, tombé à cause d’un férié. Résultat des courses: certaines journées ont été prolongées d’une ou deux périodes, les semaines suivantes. Le calendrier académique de la Haute École établit pourtant la liste des jours fériés et annonce qu’il n’y aura pas de cours, ces jours-là. Mais, spécificité des HES-SO, le règlement sur la formation de base indique qu’il est possible de compenser les jours fériés.

Ce genre de rattrapage peut arriver, «mais n’est pas obligatoire, explique Sarah Turin Studach, porte-parole de la HEIG-VD. L’enseignant évalue l’avancement et les besoins des étudiants dans la matière du cours». Les compensations interviennent dans une minorité de cas, «et elles font l’objet d’une concertation avec les étudiants». La Haute École de la santé La Source confirme également que ces rattrapages sont rares. «Les plannings sont faits une année à l’avance, affirme Madeleine Baumann, doyenne des Affaires internationales à La Source. On s’organise en conséquence pour qu’aucun cours ne tombe sur un jour férié ni n’ait besoin d’être compensé».

Temps de travail annualisé

Si un enseignant est malade, il peut également remplacer son cours. «Les profs le font volontiers, car ils aiment bien donner le contenu de leurs cours, constate la doyenne de La Source, et les étudiants le vivent bien, s’ils le savent suffisamment à l’avance». Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignants romands (SER), rapporte que «les enquêtes sur le temps de travail des enseignants montrent que les heures supplémentaires sont monnaie courante quel que soit le degré d’enseignement, et font partie de la réalité du métier». Madeleine Baumann nuance: ces rattrapages ne sont pas des heures supplémentaires puisque «les enseignants ont un horaire annualisé».

À l’école obligatoire, il n’est pas possible de rattraper les jours perdus. Selon Julien Schekter, porte-parole du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC), cette disposition de rattrapage n’est pas surprenante puisqu’il s’agit d’études postobligatoires: «Les étudiants choisissent leur haute école et paient pour avoir la meilleure formation possible».

Néanmoins, les universités se montrent surprises par cette clause. L’Université de Lausanne affirme qu’aucune compensation de jours fériés n’est mentionnée dans ses règlements, et celle de Neuchâtel explique que les jours fériés sont fixés «par la législation cantonale relative au personnel de la fonction publique». Ainsi, les enseignants ne donnent pas de cours ces jours-là, et il n’est pas possible de reporter un cours qui tomberait sur un férié.

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