Actualisé 13.07.2016 à 14:34

Locarno (TI)

Réalisatrices et cinéma suisse à la fête

La 69e édition du Festival de Locarno aura son lot de stars, comme Isabelle Huppert et Ken Loach

Des spectateurs assistent au Festival de Locarno. (Photo d'illustration)

Des spectateurs assistent au Festival de Locarno. (Photo d'illustration)

photo: Keystone

Beaucoup de femmes, de la politique et des découvertes: la 69e édition du Festival de Locarno se veut un retour à l'esprit originel. Mais les stars, Isabelle Huppert ou Ken Loach en tête, ne seront pas absentes. Sans compter une forte présence du cinéma suisse.

L'édition sera dédiée à deux réalisateurs disparus tout récemment, l'Américain Michael Cimino («Voyage au bout de l'enfer») et l'Iranien Abbas Kiarostami («Le goût de la cerise», «Le vent nous emportera»).

«Ils représentent un cinéma qui est familier de celui de Locarno, un cinéma qui explore et transfigure la réalité», a indiqué mercredi à Berne le directeur artistique de la manifestation Carlo Chatrian.

Radicalisation

La 69e édition se veut libre, surprenante, politique et poétique. Et aussi en prise avec l'actualité. Exemple avec le film «Le ciel attendra» de la française Marie-Castille Mention-Schaar, qui parle du parcours de radicalisation islamiste de jeunes françaises, projeté le 8 août sur la Piazza Grande.

Avec des films venus d'Egypte, de Thaïlande, de Bulgarie, du Portugal, d'Argentine et des Etats-Unis, la sélection pour le Concours international reflète aussi ce regard sur le présent. A un moment où des forces poussent à s'enfermer chez soi, isolant les gens dans leurs peurs, ces films «errants» montrent des individus et des communautés qui peuvent malgré tout se lier, a souligné le directeur du festival.

Femmes

Autre élément remarquable cette année, la forte présence féminine. En lice pour la récompense suprême dans le concours international, ce ne sont pas moins de 8 films sur 17 qui ont été réalisés par des femmes. «Presque la parité», s'est réjoui Carlo Chatrian, dans un milieu où les réalisatrices sont systématiquement sous-représentées.

Parmi elles, la Suissesse Milagros Mumenthaler, qui avait remporté le Léopard d'or en 2011 avec «Abrir puertas y ventanas». Elle présentera cette année «La idea de un lago». Son compatriote Michael Koch sera aussi dans la course, avec «Marija».

Ziegler et Chessex

Dans une veine plus politique et dans une autre catégorie, le Genevois Nicolas Wadimoff présentera son documentaire sur Jean Ziegler. Jacob Berger a lui tourné une adaptation du roman de Jacques Chessex, «Un juif pour l'exemple», sur une page sombre de l'histoire helvétique, avec Bruno Ganz en vedette.

Enfin, un autre cinéaste suisse fera son retour à Locarno, le Valaisan Frédéric Mermoud. Il aura les honneurs de la Piazza Grande le 4 août avec un polar, «Moka». Emmanuelle Devos et Nathalie Baye sont à l'affiche.

Au même endroit, coeur du glamour locarnais, le festival a aussi choisi de présenter la dernière Palme d'or cannoise, «I, Daniel Blake», de Ken Loach. Un film sur les difficultés quotidiennes de la classe ouvrière anglaise, «que nous avons jugé important de montrer sur la place d'une nation riche comme la Suisse», a dit le directeur artistique Carlo Chatrian.

Hommages

Le festival de Locarno est traditionnellement un lieu d'hommages et cette édition ne dérogera pas à la règle. Le metteur en scène, acteur et réalisateur zurichois Luc Bondy, figure du théâtre européen mort l'an dernier, sera honoré par la projection de son dernier film, «Les fausse confidences», porté par un casting de rêve (Isabelle Huppert, Louis Garrel, Bulle Ogier).

Hommage toujours, au cinéaste et scénariste de bandes dessinées Alejandro Jodorowsky («La montagne sacrée»). Il recevra le Léopard d'honneur de cette édition. Longs-métrages, remise du prix sur la Piazza Grande et conversation ouverte au public avec cet artiste «culte et visionnaire» sont au programme.

Naviguant entre blockbusters et films d'auteur, l'acteur américain Bill Pullman (vu chez David Lynch et dans la série de films «Independance day») sera aussi distingué sur la Piazza Grande.

Un cinéma hollywoodien qui s'est d'ailleurs fait plus discret que d'habitude dans la programmation du festival cette année, essentiellement pour des raisons de calendrier de sortie des films, selon M. Chatrian. On verra tout de même le dernier volet de la série «Jason Bourne» de Paul Greengrass, avec Matt Damon, sur la Piazza le 5 août.

Coopération

Comme un contrepoint aux blockbusters, le festival propose aussi une immersion dans les films de l'Asie du Sud et de l'Est, grâce à un programme commun avec la Direction du développement et de la coopération (DDC). «Open Doors» mettra l'accent en 2016 sur quatre pays: Bangladesh, Bhoutan, Népal et Myanmar. Ce programme vise à soutenir les réalisateurs et producteurs des pays où le cinéma indépendant est fragile. (nxp/ats)

Finances

A l'heure de présenter la programmation, le président du Festival de Locarno, Marco Solari, a fait le point sur les finances. Malgré la perte d'un gros sponsor, le bilan est équilibré, pour l'instant.

Les finances sont bonnes, «hic et nunc, ici et maintenant. Mais dans la culture, on a toujours besoin de plus», a-t-il souligné en riant devant les médias mercredi à Berne. Le festival grandit, notamment au niveau des infrastructures.

(NewsXpress)

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