Actualisé 20.06.2017 à 18:44

La Chaux-de-Fonds (NE)

Rebondissement au procès de l'horreur

Le corps d'une femme de 24 ans avait été retrouvé en 2015 dans le Doubs (F), à une vingtaine de kilomètres de son domicile à La Chaux-de-Fonds. Le procès du mari s'est ouvert ce mardi.

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Le corps de la victime avait été retrouvé dans une forêt en France voisine.

Le corps de la victime avait été retrouvé dans une forêt en France voisine.

A quel homme se fier? A celui qui avait, avec force détails, avoué aux enquêteurs être l'auteur de la mort de son épouse ou au mari qui refuse de porter la responsabilité d'un film d'horreur qui s'est déroulé entre La Chaux-de-Fonds (NE) et Charquemont (F), à une vingtaine de kilomètres des Montagnes neuchâteloises en 2015 ? Les aveux assez circonstanciés du Français de 31 ans originaire du Maroc, dont le procès s'est ouvert ce mardi au Tribunal de La Chaux-de-Fonds, ont depuis été suivis de rétractations réitérées.

Les faits ont eu lieu au début de l'année 2015. La famille de Latifa, jeune Française de 24 ans, a signalé son étrange disparition le 8 janvier après deux jours sans nouvelles d'elle. Deux mois plus tard, des promeneurs ont découvert son corps dans une forêt à Charquemont, dans le Doubs. Interpellé par la police, le mari avait admis avoir tué son épouse avant de déplacer le corps en France voisine.

Le mari est accusé d'assassinat, subsidiairement de meurtre. Il est défendu par Me Gilles-Jean Portejoie, Me Jacques Barillon et Me Berta Casas Rochel. «J'ai été entendu une trentaine de fois. Je suis innocent. Après 906 jours de détention préventive, je suis arrivé à saturation. Je renonce à être interrogé sur ma journée du 6 janvier 2015. Ma défense était pitoyable mais aujourd'hui, j'ai de bons avocats», a d'emblée déclaré le prévenu. Le trentenaire refuse de répondre à la plupart des questions du président du Tribunal et du procureur.

Le procès se tient dans une une ambiance électrique marquée par des échanges virulents. La police est présente en grand nombre aux alentours et à l'intérieur du tribunal.

Le procureur a requis une peine à vie

La famille et les proches de la victime sont aussi là, majoritairement tout de noir vêtus. Des larmes coulent à mesure que le procureur évoque les circonstances sordides dans lesquelles la jeune femme a perdu la vie. Le magistrat signale les marques de sang de la victime retrouvées dans son véhicule et les images de vidéosurveillance montrant l'auto du mari dans les environs de Charquemont... Selon lui, après avoir violé et assommé la victime, le trentenaire a noyé son épouse dans la baignoire de l'appartement de La Chaux-de-Fonds avant de transporter le corps sans vie à Charquemont.

Le procureur Daniel Hirsch ajoute que, dans un ultime geste horrible, le mari a tailladé le corps de la victime pour que le sang attire les charognards. Des sanglots éclatent dans la salle. Le procureur a requis une peine privative de liberté à vie. «J'ai cherché un élément à décharge pouvant profiter à l'accusé. Je n'en ai pas trouvé», a-t-il soutenu. L'accusé, décrit comme «un narcissique d'une arrogance hors du commun», a l'air peu concerné par ce film odieux. Il semble loin, très détaché.

Un témoignage qui sème le doute

Avocat de la famille de la défunte, Me Jean-Daniel Kramer a plaidé une réclusion à vie et un internement.

Avocat par le passé de célébrités comme Johnny ou Bernard Tapie, l'avocat français Gilles-Jean Portejoie a relevé un détail à la fois important et étonnant: un témoin affirme avoir vu la victime le 7 janvier alors que l'accusation estime que le décès a eu lieu le 6 janvier. «L'hypothèse du procureur est balayée par ce document», a plaidé le défenseur.

Me Jacques Barillon accuse le procureur d'avoir fabriqué un coupable. «Un témoignage vient de vous sauver», a-t-il lancé à son client. Verdict mercredi à 16h.

Interview Me Barillon

Procès à La Chaux-de-Fonds: Me Barillon

Réaction de l'avocat de la défense dans le procès d'un homme accusé d'avoir assassiné son épouse en 2015.

Interview Me Kramer

Procès à La Chaux-de-Fonds: Me Kramer

Réaction de l'avocat de la famille de la victime dans le procès d'un homme accusé d'avoir assassiné son épouse en 2015.

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