Crise financière: Récession, mauvais résultats, devises volatiles, les marchés chutent lourdement
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Crise financièreRécession, mauvais résultats, devises volatiles, les marchés chutent lourdement

Les marchés européens et asiatiques rechutaient lourdement mercredi, emportés par de sombres perspectives économiques, de mauvais résultats d'entreprises et un marché des changes chaotique.

Quelques minutes après leur ouverture à 07H00 GMT, Londres perdait 2,93%, Paris 2,82% et Francfort 2,61%. Une heure plus tôt, l'indice Nikkei s'était écroulé à Tokyo, perdant 6,79% en clôture et la Bourse de Séoul s'est retrouvée au plus bas depuis août 2005 après un plongeon de 5,1%.Sur l'horizon assombri par la récession attendue, se sont dressés des perturbations entre dollar, euro et yen, et une série de mauvais résultats de grandes entreprises, notamment américaines.L'euro, handicapé par la récession qui gagne le vieux continent, est passé sous la barre des 1,3 dollar, à 1,2870, à Tokyo. Depuis son sommet historique à 1,6038 dollar le 15 juillet, l'euro a perdu plus de 20% de sa valeur.Le dollar de son côté est repassé mercredi à Tokyo sous le seuil des 100 yens, pénalisant lourdement les exportateurs nippons. «Dans la mesure où les inquiétudes sur un ralentissement économique vont croissant, surtout en Europe, la tendance à l'achat des yens devrait continuer», a estimé à Tokyo Saburo Matsumoto, de Sumitomo Trust Bank.Sur le plan macro-économique, la mauvaise nouvelle est venue de Londres où le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King a assuré mardi soir qu'«il semble maintenant vraisemblable que l'économie britannique est en train d'entrer en récession».De son côté, la banque centrale américaine a annoncé mardi une nouvelle mesure d'aide contre la crise du crédit, en offrant jusqu'à 540 milliards de dollars de prêts pour aider les fonds monétaires à acheter des titres de dette des entreprises.Entre Asie et Amérique, la crise mobilise au plus haut niveau. Les présidents chinois et américain Hu Jintao et George W. Bush se sont entretenus mardi soir, par téléphone, de la crise financière et des sommets mondiaux à venir, selon l'agence Chine Nouvelle, qui n'a pas révélé la teneur de cette discussion.A l'approche d'un sommet de l'Asem rassemblant les pays européens et asiatiques ce week-end à Pékin, le Premier ministre indien Manmohan Singh a appelé mercredi les pays en développement à s'impliquer dans la recherche d'une solution à la crise financière internationale.A Tokyo, «les pressions à la vente se sont accélérées avec le bond du yen», a expliqué Kazuhiro Takahashi, analyste chez SMBC Daiwa Securities, en soulignant que «les craintes concernant l'impact de la crise financière sur l'économie réelle augmentent rapidement».Le tendance restait sombre ailleurs en Asie, où vers 07H00 GMT Hong Kong chutait de 5,45%, Singapour 4,67%, Bombay 3,77%. En clôture, Shanghai a perdu 3,2% et Sydney 3,4%Wall Street avait donné la tendance mardi soir avec des chutes de 2,50% pour le Dow Jones et de 4,14% pour le Nasdaq, spécialisé dans les valeurs technologiques, après une série de déclarations d'entreprises très prudentes sur leurs perspectives.Sur les 49 sociétés américaines qui ont fourni des prévisions de résultats entre lundi soir et mardi, 45% étaient négatives, 30% conformes aux attentes, 21% mitigées et seulement 3% positives, selon un recensement du site d'informations financières Briefing.com.Apple, qui a publié ses résultats après la clôture de Wall Street, a annoncé une forte poussée de ses résultats mais s'est contenté lui aussi de prévisions prudentes, évoquant la «mauvaise visibilité» de la situation économique.Très touché par la chute de la demande, le constructeur américain General Motors pourrait étendre ses mesures de chômage technique à toutes ses usines européennes. Sur l'ensemble de ses sites européens, GM veut baisser sa production de 40.000 véhicules d'ici la fin 2008.Au Japon, où la saison des résultats démarre la semaine prochaine, le moral des investisseurs a été douché par un article du quotidien Nikkei selon lequel Mitsubishi UFJ Financial Group, le géant bancaire qui a récemment racheté 21% de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley, allait complètement rater ses objectifs de bénéfices pour le premier semestre 2008-2009.Le groupe japonais d'électronique NEC a abaissé mercredi sa prévision de résultats pour l'exercice 2008-2009 en invoquant des réductions d'investissement de ses clients et une conjoncture qui a empiré.En Chine, le gouvernement a décidé d'assainir la Agricultural Bank of China (ABC), une des quatre grandes banques commerciales d'Etat, avant une éventuelle introduction en Bourse. Et il pourrait y injecter 19 milliards de dollars.En Corée du Sud, le groupe Samsung Electronics a retiré son offre de rachat de l'américain SanDisk, estimant que le fabricant de cartes mémoires ne valait plus les 5,8 milliards de dollars proposés en septembre.En Allemagne, la banque régionale BayernLB, en grande difficulté, va demander une aide financière de l'Etat à hauteur de 5,4 milliards d'euros. Elle devient la première banque du pays à faire usage du plan de soutien au secteur, d'un volume de 480 milliards d'euros.Enfin, la baisse du pétrole pourrait également faciliter un rebond de la croissance. Dans les échanges matinaux en Asie, le prix du baril de «light sweet crude» est retombé vers les 71 dollars alors que le Brent a rechuté sous les 69 dollars.Inquiets des conséquences de la crise, les grands argentiers des six monarchies arabes du Golfe ont décidé de se réunir samedi à Ryad, au lendemain d'un sommet de l'Opep à Vienne. (afp)

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