Actualisé 07.04.2017 à 23:12

SciencesRecherche pour archiver les odeurs du passé

Des chercheurs essaient de cataloguer les odeurs anciennes, notamment pour les préserver.

Image prétexte.

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Keystone

Inspiré par l'odeur de papier ancien, deux scientifiques britanniques cherchent à répertorier les odeurs du passé dans le but de les préserver pour la postérité. Ils ont commencé leur quête dans un majestueux château anglais du XVe siècle.

A Knole House, où l'auteure Vita Sackville-West a passé son enfance, dans le sud-est de l'Angleterre, les deux scientifiques ont capturé les odeurs des livres, de gants, de disques 33 tours et même de la cire des parquets.

Pour analyser les odeurs, ils ont procédé à une extraction des notes volatiles et à une analyse par chromatographie qui permet de séparer les différentes substances présentes.

«Les odeurs nous aident à nous relier à l'histoire de manière plus humaine», a déclaré Cecilia Bembibre, étudiante en doctorat de l'University College London qui travaille sur ce projet avec le chimiste Matija Strlic.

Valeur culturelle

L'objectif de leurs recherches est d'identifier les odeurs qui ont une «valeur culturelle» ainsi que «les façons de les répertorier et, espérons, de les préserver», a expliqué l'étudiante.

Matija Strlic et Cecilia Bembibre ont publié vendredi un article dans le journal académique Heritage Science sur l'odeur du papier. On y trouve un sondage auprès des visiteurs d'une galerie de Birmingham, qui ont commenté cette odeur.

Sans savoir ce qu'ils sentaient, les sondés ont principalement utilisé les mots «chocolat», «bois» et «café» pour décrire l'odeur. Parmi les termes les plus surprenants utilisés figurent «chaussettes», «encens» et «ferme».

Ils ont également interrogé les visiteurs de la bibliothèque de la cathédrale St-Paul, datant du XVIIIe siècle, qui ont utilisé les mots «boisé», «moisi» et «sucré» pour décrire l'odeur des livres.

Expérience olfactive

A l'origine de sa démarche, Matija Strlic a expliqué avoir été inspiré, il y a une dizaine d'années, en voyant les conservateurs de livres anciens sentir les pages pour voir si les ouvrages se dégradaient.

Il estime ainsi que ses travaux pourraient être utilisés par des conservateurs pour détecter les signes de dégradation des livres dans les bibliothèques. Cela pourrait aussi permettre de créer des archives d'odeurs historiques ou d'inclure une expérience olfactive lors des visites de musée. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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