Horgen: Réclusion à vie pour la mère infanticide
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HorgenRéclusion à vie pour la mère infanticide

La mère des jumeaux de 7 ans tués à la veille de Noël 2007 à Horgen (ZH) a été condamnée à la réclusion à vie.

Selon les juges et le jury, la femme s'est levée en pleine nuit du 23 au 24 décembre 2007 et a étouffé ses jumeaux tour à tour avec un coussin ou une couverture.

Selon les juges et le jury, la femme s'est levée en pleine nuit du 23 au 24 décembre 2007 et a étouffé ses jumeaux tour à tour avec un coussin ou une couverture.

Elle devra aussi suivre une thérapie. La Cour d'assises du canton de Zurich a reconnu vendredi la femme de 36 ans coupable de double assassinat.

La condamnée devra en outre verser 165'000 francs à son ex-mari, père des enfants assassinés. Ce montant comprend la réparation pour tort moral ainsi que les dommages et intérêts.

La Cour a largement suivi le réquisitoire du Ministère public qui avait réclamé la peine prononcée. Les tentatives de la défense d'obtenir l'acquittement, voire une peine maximale de 7 ans pour double meurtre passionnel, ont en revanche été vaines. L'avocate de la prévenue a indiqué à l'ATS qu'elle déposerait un recours en nullité.

«Sans scrupule»

Selon les juges et les jurés, la femme s'est levée en pleine nuit du 23 au 24 décembre 2007 et a étouffé ses jumeaux tour à tour avec un coussin ou une couverture. Elle a ensuite fait croire à un cambriolage en ouvrant les armoires des enfants et en dispersant les vêtements qu'elles contenaient par terre. Dans le même but, elle a aussi ouvert la fenêtre du salon et renversé son sac à main.

La prévenue a exécuté «sans scrupule» cet acte «difficilement explicable au niveau rationnel», a déclaré le président du tribunal lors de la lecture du jugement. Sa culpabilité ne s'en trouve qu'alourdie.

L'expertise psychiatrique a certes relevé une responsabilité légèrement diminuée. Mais cette dernière ne pouvait pas réduire la peine dans un cas de double assassinat. Dans le meilleur des cas, la condamnée pourrait bénéficier d'une libération conditionnelle dans moins de 13 ans, soit 15 ans après la date du crime.

Dénégations et mensonges

Durant le procès qui a duré deux semaines, la femme a nié toute responsabilité dans la mort des faux jumeaux, un garçon et une fille. Elle a même tenté de dépeindre celui qui était son mari au moment des faits comme un meurtrier potentiel. Mais l'accumulation des indices l'a chargée de telle manière que la condamnation s'imposait.

La condamnée n'a en outre pas été aidée par son attitude contradictoire et inconstante durant l'enquête. Devant la Cour, elle a admis avoir menti à plusieurs reprises.

Au total, 38 témoins et experts ont défilé à la barre. Leurs propos ont souvent alourdi le cas de l'ancienne mère de famille.

Double vie

Soupçonné lui aussi au début de l'enquête, l'ex-mari de la condamnée est sorti de détention préventive après trois mois, lavé de toute accusation. L'homme a comparu au procès en tant que témoin, accusant son ex-épouse d'avoir mené une double vie.

Souffrant d'une enfance malheureuse en Autriche, esseulée - selon elle - par son mari et surchargée en tant que mère, la trentenaire entretenait deux relations extra-conjugales au moment du drame. Ne voyant pas de voie de sortie, elle a supprimé ses enfants, s'est indigné l'accusation durant le procès. (ap)

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