Actualisé 04.08.2009 à 12:11

Secret bancaireRécolte de signatures pour l'initiative des jeunes UDC

Les jeunes UDC ont lancé mardi à Berne la récolte des signatures pour l'initiative populaire visant à ancrer le secret bancaire dans la constitution.

Ils ont jusqu'au 1er octobre 2010 pour réunir les 100'000 paraphes nécessaires. Au Tessin, la Lega a déjà commencé à s'atteler à la tâche.

Surfant sur la polémique autour de l'échange d'informations en matière fiscale, les jeunes UDC ont annoncé en début d'année leur intention d'en appeler au peuple. Ils passent désormais des paroles aux actes. Outre des stands de récolte en Suisse alémanique et romande, les initiants misent sur Internet et en particulier sur les réseaux sociaux comme Facebook pour faire aboutir leur projet.

Les jeunes UDC estiment que l'adoption d'un nouvel article constitutionnel est le meilleur moyen pour garantir le secret bancaire et, par ricochet, la bonne santé de la place financière helvétique. «Les listes grise et noire (du G20) témoignent de la guerre économique menée contre nous.»

David contre Goliath

Pour Kevin Grangier, les pressions exercées sur la Confédération reflètent le besoin, pour des pays comme les Etats-Unis, de se renflouer. «L'inscription du secret bancaire dans la constitution est devenue nécessaire depuis que les enfers fiscaux, soit des Etats mastodontes spoliant allègrement leurs citoyens, ont décidé de corriger leur politique qui a entraîné la crise économique que nous vivons», a analysé le coordinateur romand devant la presse.

Cette initiative vise également à torpiller les conventions révisées de double imposition conclues par Berne sur la base des standards de l'OCDE. Si elle est approuvée, le Conseil fédéral ne pourra alors plus utiliser ce biais pour affaiblir le secret bancaire, a ajouté le Bernois Patrick Freudiger.

Lega et UDC suisse

Au Tessin, c'est la Lega qui mène la bataille depuis le printemps. Elle est à l'origine du texte demandant de compléter l'actuel article 13 sur la protection de la sphère privée. La nouvelle disposition devrait notamment préciser qu'»aucune information ne peut être transmise à une autorité étrangère ou fédérale non liée par le secret bancaire sans le consentement du détenteur du secret.»

Ancrer le secret bancaire dans la constitution apparaît aussi comme un des chevaux de bataille de l'UDC suisse. Les différentes interventions parlementaires déposées par le parti national ont toutefois fait chou blanc jusqu'ici.

Ses instances dirigeantes décideront formellement le 21 août de l'attitude à adopter concernant cette initiative populaire. On peut cependant partir de l'idée que l'UDC suisse soutiendra cette démarche, a indiqué à l'ATS la secrétaire générale adjointe Silvia Bär. (ats)

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