Genève: Recours collectif pour sauver une piste cyclable Covid
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GenèveRecours collectif pour sauver une piste cyclable Covid

Associations et habitants unissent leurs forces pour éviter la suppression de la voie installée entre Plainpalais et la gare en mai 2020.

par
Leïla Hussein
La bande jaune s’étend du boulevard Georges-Favon jusqu’à Cornavin, en passant par le pont de la Coulouvrenière et la rue du Terreaux-du-Temple.

La bande jaune s’étend du boulevard Georges-Favon jusqu’à Cornavin, en passant par le pont de la Coulouvrenière et la rue du Terreaux-du-Temple.

Lucien FORTUNATI

Mise en place lors de la pandémie, la piste cyclable reliant le quartier de Plainpalais à la gare Cornavin risque bien de disparaître. Mi-avril, le Tribunal administratif genevois a donné raison au TCS qui avait fait recours contre cet aménagement. Verdict: le Canton doit effacer la bande jaune et rendre la voie aux voitures. Une décision qui fait hurler piétons, cyclistes et associations d’habitants. Consternées par cette décision jugée «passéiste et dogmatique», douze associations ont uni leurs forces pour faire opposition, à l’image des autorités cantonales qui ont déjà annoncé un recours. 

Corriger une erreur grossière

Au cœur de leurs préoccupations, la sécurité des deux roues et des promeneurs qui seront à nouveau obligés de traverser le pont de la Coulouvrenière en se partageant le même trottoir. «Cela va augmenter le sentiment d’insécurité et nuire à la cohabitation entre les usagers. Résultat: les séniors et les personnes à mobilité réduite vont limiter leurs déplacements sur cet axe central qui permet de franchir le Rhône», s’attriste Marco Ziegler de Mobilité piétonne. «Ce jugement est une erreur grossière qu’il faut absolument corriger. Le droit fédéral est clair, les trottoirs sont exclusivement réservés aux piétons», rappelle le défenseur des marcheurs.

«Je suis révoltée»

Du côté des cyclistes aussi le revirement de situation passe mal. «Cette piste cyclable, je l’utilise pratiquement tous les jours. C’est un gain en qualité de vie, une tranquillité d’esprit qui change mon quotidien. Je suis révoltée qu’on veuille la supprimer», a confié Julie lundi. La jeune femme qui habite près de la gare et travaille à Plainpalais a décidé de se joindre au recours des associations à titre personnel.

Comme elle, plusieurs habitants du quartier ont décidé de passer à l’offensive. Loyse, mère de deux enfants en fait partie. «Je commençais à me dire que mon fils allait bientôt pouvoir circuler seul. Mais si on fait marche arrière, ce ne sera pas possible. Il faudra attendre que Genève soit prête.» Comme eux, les associations d’habitants du quartier de Saint-Gervais, de la Jonction et des Pâquis s’inquiètent de la disparition de cette infrastructure, qui «draine la circulation grandissante de vélos dans la zone». 

Recourants confiants

Lundi, face aux médias, différents intervenants, dont Thibault Schneeberger, d’actif-trafiC, ont également évoqué l’enjeu climatique de «ces pistes cyclables Covid qui constituent un premier pas vers la sortie des énergies fossiles». «Il faut développer ce type d’aménagements, plutôt que de les menacer de suppression», a conclu Caroline Marti, présidente de l’Association Transports et Environnement.

L’avocate Laïla Batou, chargée de centraliser ce recours collectif, estime qu’«il a de bonnes chances d’aboutir, car le jugement du tribunal est assez contestable». Les recourants ont jusqu’au 23 mai pour se manifester.

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