La Vallée de Joux (VD) – Recours contre le tir du loup: «Personne n’a anticipé comme il aurait fallu»
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La Vallée de Joux (VD)Recours contre le tir du loup: «Personne n’a anticipé comme il aurait fallu»

Un enclos avait été testé l’an dernier au Marchairuz pour protéger les vaches, mais n’a pas été reconduit. Inadapté, selon le Canton; pour les opposants au tir du loup ordonné au Marchairuz, toutefois, c’était une mesure simple permettant la cohabitation.

par
Pauline Rumpf
L’enclos en septembre 2020, destiné à empêcher le loup d’atteindre le troupeau qui y séjournait.

L’enclos en septembre 2020, destiné à empêcher le loup d’atteindre le troupeau qui y séjournait.

Florian Cella/24Heures

«Les fils ne sont plus tendus, il y a au moins 50 centimètres jusqu’au sol – et tout ça pile à l’endroit où on sait que passe le loup: c’est presque un piège, pour qu’il puisse y avoir des attaques et qu’on puisse le tirer», accuse Fabrice Monnet, militant contre le tir du loup. Le Vaudois, qui sort de 16 jours de grève de la faim, fait référence à un enclos installé l’an dernier au Marchairuz (VD) dans le but de protéger les troupeaux durant la nuit. «Il avait fonctionné, puisqu’il n’y avait pas eu d’attaques l’an dernier. Pourquoi ne pas l’entretenir? Pourquoi préférer tirer le loup plutôt que protéger les vaches?» Pour ce Vaudois, le retour du loup était annoncé, et n’a pas été anticipé par des mesures appropriées.

Cette année, l’enclos n’était plus entretenu.

Cette année, l’enclos n’était plus entretenu.

Facebook – Defend the Wolf

En effet, le projet pilote testé l’an dernier a été abandonné, confirme le Canton. Cet enclos de près de deux kilomètres de long, composé de cinq fils électrifiés, n’a pas fait ses preuves avec le troupeau qui l’occupait. «Les vaches mères ne se laissent pas facilement déplacer pour la nuit, elles sont très sauvages, précise Frédéric Hofman, chef de la section Chasse, pêche et surveillance. Ce n’était pas faisable pour cet éleveur, qui devait y passer plusieurs heures par jour.»

Agrandir l’enclos pour qu’elles puissent y passer tout l’été, de jour comme de nuit, n’était pas envisageable: «Un enclos étanche comme celui-ci entraverait les voies de déplacement pour la faune sauvage, et clôturerait le loup en forêt. De plus, le terrain accidenté et rocailleux du Jura rend très difficile la pose de piquets et du fil inférieur, à seulement 20 centimètres du sol. Le coût d’un tel ouvrage est donc élevé.» Le projet n’a cependant pas été complétement jeté à la poubelle. Plusieurs enclos sont à l’étude dans le canton pour d’autres types de troupeaux. «Nous menons actuellement une analyse de vulnérabilité pour déterminer où ce type de mesure serait efficace et nécessaire.»

Recours déposé

Estimant que toutes les pistes n’ont pas été explorées pour protéger les troupeaux au lieu de devoir tirer le loup, l’activiste Fabrice Monnet et son association Defend the Wolf ont déposé un recours contre le tir de loups ordonné au Marchairuz fin août, après des attaques sur des bovins perpétrées par une meute, installée depuis 2019. L’opposition est en cours d’examen au Tribunal cantonal, qui doit d’abord déterminer si le recourant a qualité pour agir. Elle n’a cependant pas d’effet suspensif. «Mais les loups ont quitté la tanière, se réjouit Fabrice Monnet. J’espère qu’ils sont passés côté français, où les Suisses ne pourront pas les tirer!»

Le militant Fabrice Monnet, interviewé fin septembre au début de sa grève de la faim. Il y a mis fin après 16 jours sans manger, faisant face à des soucis de santé.

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