Venezuela: Recours de l'opposition pour un recomptage
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VenezuelaRecours de l'opposition pour un recomptage

L'opposition vénézuélienne a déposé mercredi un recours officiel auprès du Conseil national électoral (CNE) contre le résultat de l'élection présidentielle de dimanche.

L'opposition veut obtenir un nouveau comptage des votes. Mais cela ne devrait pas empêcher l'investiture vendredi du président élu Nicolas Maduro.

Le recours a été annoncé mercredi dans un message publié sur Twitter par le chef de file de l'opposition, Henrique Capriles. «Un nouveau comptage a été sollicité, avec la vérification des bulletins, des actes de vote et des registres électoraux», a-t-il indiqué.

«Le monde est tout à fait d'accord pour qu'il y a une vérification de 100% des bulletins car cela renforce la démocratie», a insisté le gouverneur de l'Etat de Miranda (nord) dans un entretien diffusé mercredi soir par la chaîne colombienne NTN24.

Comptage refusé

Le Tribunal suprême de justice (TSJ), la plus haute instance judiciaire, avait toutefois averti mercredi qu'un comptage manuel ne pouvait être réalisé, n'étant pas prévu dans la Constitution.

Le chef de l'opposition vénézuélienne attend désormais que le Conseil national électoral (CNE) se prononce sur la requête qu'il a déposée mercredi. Selon lui, la raison pour laquelle ce nouveau comptage n'a pas eu lieu est «la grande question que se posent tous les Vénézuéliens».

Principal acheteur du pétrole vénézuélien, les Etats-Unis, dont le régime «chaviste» constitue pourtant la bête noire en Amérique latine, ont soutenu la demande d'un «nouveau comptage», une démarche également appuyée par l'Union européenne qui s'est contenté de «prendre acte» de l'élection de M. Maduro.

Mais M. Maduro, qui a repris le flambeau «anti-impérialiste» de son mentor Hugo Chavez, assure qu'il se «moque de la reconnaissance ou non» de Washington.

Poursuites judiciaires

Si la justice ne semble pas prête à donner gain de cause à M. Capriles, elle pourrait en revanche le menacer de poursuites en raison des violences survenues lors des manifestations, organisées à l'appel de l'opposition.

Rejetant toute responsabilité, M. Capriles rappelle n'avoir lancé que des mots d'ordre pacifiques, notamment l'appel à des «concerts de casseroles», forme traditionnelle de protestation dans la région. «Tout le poids de la loi doit tomber» sur les auteurs des violences, assure-t-il.

Les autorités ont toutefois annoncé cette semaine avoir procédé à plus de 135 interpellations et placé sous investigation un groupe de militaires suspectés de comploter avec les «caprilistes».

Sur le cercueil d'une des huit victimes, un homme de 45 ans tué par arme à feu, qui a été élevé au rang de «martyr et héros de la patrie», M. Maduro a promis de faire arrêter les «groupes de fascistes» responsables, appelant la justice à «accélérer la capture des assassins».

Soutien international

L'ordre rétabli pour l'instant au Venezuela, M. Maduro devait recevoir le soutien de l'Union des nations sud-américaine (Unasur), réunie jeudi à Lima pour un sommet extraordinaire consacré à la crise politique secouant le riche pays pétrolier des Caraïbes.

La quasi-totalité des pays latino-américains a déjà reconnu son élection et plusieurs dirigeants vont profiter du sommet péruvien pour se rendre directement à Caracas, où est prévue vendredi une cérémonie en grande pompe pour l'investiture du nouveau président.

Parmi les responsables ayant déjà confirmé leur participation figurent les chefs d'Etat du Brésil, Dilma Roussef, d'Argentine, Cristina Kirchner, d'Uruguay, Jose Mujica, et de Bolivie Evo Morales, ainsi que celle du président du Congrès des députés espagnols, qui remplacera le prince héritier Felipe. (ats)

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