Aminona (VS): Recours des milieux écologistes rejeté
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Aminona (VS)Recours des milieux écologistes rejeté

La justice suisse a déclaré irrecevable le recours de plusieurs associations, dont le WWF, contre la construction du complexe immobilier dans la commune valaisanne.

Le recours du WWF, de la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage (FP) et de Patrimoine suisse contre le projet de complexe touristique à Aminona (VS) a été déclaré irrecevable par le Tribunal fédéral (TF). Les trois organisations n'ont pas la qualité pour recourir.

La décision du TF découle d'un événement qui s'est passé en cours de procédure, soit le 9 décembre 2011. A cette date, le Conseil fédéral a décidé de radier de l'inventaire des prairies et pâturages secs d'importance nationale le site protégé «Aminona», situé dans le périmètre concerné par le projet touristique.

Décision rapide

«Le Conseil fédéral a fait preuve d'une rapidité inédite pour radier cette zone de l'inventaire national; ça nous laisse sans voix et on ne comprend pas pourquoi autant de célérité», a confié mercredi à l'ats Pierrette Rey, porte-parole du WWF.

Les trois organisations écologistes ont donc abandonné leur grief, estimant qu'il n'était plus d'actualité. Elles ne peuvent dès lors plus «tirer un droit de recours de la loi fédérale sur la protection des biotopes», précise le TF, qui juge leur action irrecevable.

Les recourants contestaient aussi la légalité du plan de quartier, qui, selon eux, n'a jamais été approuvé par une autorité cantonale compétente. Le TF a jugé ce grief également irrecevable. Pour le tribunal, les recourants auraient dû s'opposer au plan de quartier «Aminona Est» en temps utile, soit lors de sa publication au bulletin officiel, dès le 30 décembre 2005.

Projet sur les rails

L'exécutif de la commune de Mollens (VS), sur laquelle est située la zone d'Aminona, ne crie pas victoire mais fait part de son «immense soulagement» dans un communiqué. Après cinq ans de procédure, le projet va pouvoir démarrer, précise le communiqué.

Pour la Municipalité, cette décision est aussi une reconnaissance de la «parfaite gestion et coordination de ce dossier par les instances communales. Mollens démontre ainsi qu'une commune, même petite, est capable de mener à terme une telle procédure.» Cette décision est importante dans la mesure où le volet contesté du projet en constitue le coeur.

La guerre se poursuit

«Cette décision est une mauvaise nouvelle pour l'environnement et la nature et témoigne d'un réel déficit de prise en compte des intérêts de la nature», précise Mme Rey. Le WWF admet que les recourants ont perdu une bataille importante, «mais pas la guerre», dit Mme Rey.

Les organisations écologistes n'entendent pas baisser les bras. Pour le WWF, ce projet va encore accentuer la problématique des lits froids en Valais. Plusieurs procédures sont encore pendantes sur d'autres volets du projet. Les organisations dénoncent des atteintes à la forêt, une zone à bâtir surdimensionnée ou encore un projet saucissonné. «On a l'impression qu'il n'y a pas de volonté de s'occuper de l'impact paysager», estime Mme Rey.

Le recours rejeté concerne la zone Est du projet de la société Aminona Luxury Resort and Village SA (anciennement Mirax), où est prévue la construction d'un complexe hôtelier de 15 immeubles pour 800 lits. L'ensemble du projet, dont le coût est estimé à quelque 650 millions de francs, comprend encore 45 chalets et cinq tours d'une douzaine d'étages pour un total de 1100 lits dits «chauds».

(ats)

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