Valais: Récupérer son permis peut devenir un chemin de croix
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ValaisRécupérer son permis peut devenir un chemin de croix

Les retraits préventifs pour alcool ou drogue ont pris l'ascenseur
avec Via Sicura. Avant de reprendre le volant, il faut s'armer de patience.

par
Mirko Martino
photo: Keystone/Olivier Maire

Quelque 591 retraits de permis préventifs ont été enregistrés en Valais en 2015, selon les chiffres publiés mardi. C'est la première statistique annuelle de cette mesure de Via Sicura, introduite le 1er juillet 2014. C'est 398 de plus qu'en 2013, dernière année complète sous l'ancien régime.

«On distingue le retrait d'admonestation et le préventif, explique Pierre-Joseph Udry, chef du Service cantonal de la circulation routière. Le premier, d'au moins 3 mois, s'applique pour une alcoolémie supérieure à 0,8‰ (ndlr: à partir de 0,5‰, c'est un avertissement). Avec Via Sicura, la limite pour un retrait préventif est passée de 2,5‰ à 1,6‰. Cette sanction vaut aussi pour les consommateurs de stupéfiants.» A partir de là, celui qui voudrait récupérer son sésame doit se soumettre à une expertise pour déterminer s'il souffre de dépendance. «Les 1200 fr. d'un tel examen, ajoutés à l'amende, aux frais administratifs et au désagrément d'être à pied pendant plusieurs mois, devraient faire réfléchir», souligne Pierre-Joseph Udry.

Ensuite, si une dépendance est avérée, retrouver son permis s'apparente à un chemin de pénitence: durant une année minimum, il faut se soumettre à une prise de sang mensuelle inopinée ou à un prélèvement capillaire semestriel et s'astreindre à un suivi médical. Le tout, à ses propres frais. En 2015, ils sont 173 à avoir été jugés inaptes à la conduite à cause de leur dépendance.

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