UBS: Réduction «massive» de la banque d'affaires
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UBSRéduction «massive» de la banque d'affaires

Le géant bancaire suisse UBS qui a révélé jeudi avoir perdu deux milliards de dollars à cause d'une fraude va réduire «massivement» ses effectifs et sa division banque d'affaire.

La banque suisse UBS, qui a révélé jeudi avoir été victime de la fraude d'un de ses traders qui a perdu 2 milliards de dollars, va «massivement» réduire sa banque d'affaires et procéder à d'importants licenciements, a indiqué la presse helvétique vendredi.

Une réduction en taille de la banque d'affaires, souvent évoquée par les analystes, devrait être annoncée le 17 novembre lors de la journée des investisseurs d'UBS, a précisé le quotidien «Tages-Anzeiger», qui se base sur des sources internes de la banque.

Cette opération aura pour conséquence la réduction de «milliers» de postes dans la division, a poursuivi le journal, qui s'attend également à ce que le directeur général Oswald Grübel et le patron de la banque d'affaires Carsten Kengeter présentent bientôt leur démission.

Pour les analystes de Vontobel, les événements de la veille pourraient avoir «probablement des conséquences personnelles pour la direction générale» du groupe.

La presse suisse a vivement réagi au lendemain des révélations de la première banque helvétique, qui avait annoncé jeudi avoir été victime des agissements frauduleux d'un de ses traders qui lui a fait perdre 2 milliards de dollars (1,4 milliard d'euros).

Alors que la banque devait dégager au troisième trimestre un bénéfice compris entre 900 millions et 1,1 milliard de francs suisses, selon les analystes, elle pourrait maintenant subir une perte de 500 millions, la première depuis le troisième trimestre 2009.

«Il faut se demander comment il est possible, malgré des recommandations internes plus strictes (...), de perdre de telles sommes de manière incontrôlée», s'est interrogé le quotidien «Neue Zürcher Zeitung» (NZZ).

Pour le journal, cette affaire met en danger la réputation de l'ensemble de la place financière suisse, qui représente plus de 10% du produit intérieur brut helvétique.

«Pour tous les employés de la banque, ses clients, c'est un désastre, l'accident qui n'aurait jamais dû arriver», a lancé le quotidien genevois «Le Temps».

Selon ce dernier, «la banque survivra, mais elle vient de salir une nouvelle fois une réputation qu'elle avait eu tant de mal à réhabiliter», après les pertes abyssales durant la crise des subprime américains et la transmission de noms de clients américains soupçonnés d'avoir fraudé leur fisc.

La «Tribune de Genève» parle quant à elle d'un «trader brigand» qui a commis «le scandale de trop».

«C'est un dysfonctionnement grave au sein de sa banque d'investissement à l'étranger qui a fait plonger l'établissement», comme en 2008 lors de la crise financière, a rappelé «La Tribune».

A la Bourse suisse, le titre UBS rebondissait vendredi matin. Après avoir clôturé jeudi en recul de plus de 10%, l'action gagnait 2,67% à 10,01 francs suisses, dans un marché en hausse de 0,60% à 07H07 GMT. (afp)

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