14.10.2019 à 16:30

UNIGERéduire les dommages liés aux infarctus

Des biologistes suisses et français sont parvenus à réduire de 30% les dommages causés aux tissus par un arrêt cardiaque ou un AVC.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Des chercheurs des Universités de Genève et de Lyon (F) ont découvert une molécule responsable de la nécrose des tissus en cas d'infarctus. En inhibant la synthèse de cette molécule chez des souris, ces biologistes ont réussi à réduire de 30% les dommages causés aux tissus.

Ces résultats publiés dans la revue Nature Metabolism suggèrent un nouveau modèle de prise en charge des personnes victimes d'un arrêt cardiaque ou d'un AVC, indique lundi l'UNIGE dans un communiqué. L'institution rappelle que les accidents cardiovasculaires et cérébraux sont la première cause de mortalité au monde.

Les chercheurs ont tenté d'identifier le lien entre manque d'oxygène et nécrose des tissus. En travaillant sur des vers, ils ont constaté qu'une espèce particulière de céramide, la déoxydihydrocéramide, s'accumulait dangereusement en cas d'anoxie, c'est-à-dire quand les tissus sont totalement privés d'oxygène.

A la recherche d'un inhibiteur

Afin de vérifier que la déoxydihydrocéramide était bien la cause de la nécrose des tissus, les chercheurs de l'UNIGE ont introduit dans les vers une mutation humaine responsable d'une maladie rare qui augmente la quantité de déoxydihydrocéramide. Ceux-ci sont alors devenus hypersensibles au manque d'oxygène, confirmant la découverte des biologistes.

En se fondant sur les découvertes des biochimistes de l'UNIGE, une équipe de l'Université de Lyon a injecté un inhibiteur de la synthèse des céramides à des souris juste avant de faire un infarctus. Les chercheurs ont alors constaté que les souris ayant reçu l'injection voyaient les dommages causés par l'anoxie réduits d'un tiers par rapport aux souris de contrôle.

Cette découverte permet un énorme bond en avant dans la mise au point de traitements des dommages causés par les accidents cardiovasculaires et cérébraux, relève l'UNIGE. Les chercheurs s'attellent à présent à découvrir un inhibiteur spécifique envers le déoxydihydrocéramide afin de perturber le moins possible le bon fonctionnement du corps. (ats)

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