Actualisé 05.08.2016 à 06:31

ThaïlandeRéférendum: Shinawatra appelle à voter

L'ex-Première ministre à appelé les citoyens à se prononcer sur un projet controversé de nouvelle Constitution de la junte.

L'ex-Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra, lors d'une interview dans la province de Bueng Kan. (30 mai 2016)

L'ex-Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra, lors d'une interview dans la province de Bueng Kan. (30 mai 2016)

photo: Keystone

L'ex-Première ministre Yingluck Shinawatra a appelé vendredi 5 août les Thaïlandais à se prononcer dimanche sur un projet très controversé de nouvelle Constitution de la junte l'ayant renversée, dans une perspective de retour à la «démocratie».

«Je veux inviter tous les Thaïlandais à aller voter» dimanche, a lancé Yingluck, devant des centaines de ses partisans massés devant le tribunal de Bangkok où la chef du dernier gouvernement élu de Thaïlande doit se défendre dans un procès de négligence largement perçu comme politique.

«Je ne veux pas que la participation soit faible, sinon le résultat ne sera pas ce que nous voulons, si nous voulons que la démocratie ait un avenir», a-t-elle ajouté.

Prudence

Yingluck est restée très prudente sur le parvis du tribunal, se gardant d'appeler à voter «non» à la Constitution, dans un pays où critiquer le projet est passible de dix ans de prison.

Cette nouvelle Constitution, qui prévoit notamment un Sénat non-élu, de facto contrôlé par les militaires, est largement vue par les analystes comme une façon de mettre les politiciens sous contrôle, notamment Yingluck, même après l'organisation d'élections.

Par ailleurs, après des mois d'un procès débuté en janvier, Yingluck devait présenter sa défense vendredi.

Elle risque 10 ans de prison

«Je prouverai que le programme du riz (au coeur de l'affaire) était un projet utile», a-t-elle déclaré, devant ses partisans, tenant pour certains une rose rouge, couleur des Chemises rouges soutenant la politicienne.

L'ancienne chef de gouvernement risque dix ans de prison dans le cadre de ce procès, débuté en janvier, concernant un programme controversé de subvention aux riziculteurs.

Par le biais de ce procès, la junte est accusée de vouloir sortir définitivement Yingluck du jeu politique, avant d'hypothétiques élections annoncées à l'horizon 2017.

Le but de la nouvelle Constitution est le même, selon les analystes: en modifiant en profondeur le système politique, il s'agit d'empêcher durablement le retour aux manettes de l'opposition, incarnée par l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et sa soeur Yingluck.

Verrouiller le système

Jusqu'ici, les militaires avaient principalement eu recours aux coups d'Etat - en 2006 contre Thaksin puis en 2014 contre Yingluck- pour se débarrasser d'eux. Mais ceux-ci étaient toujours revenus au pouvoir sitôt des élections organisées.

Cette fois-ci, il s'agit pour les élites ultra-royalistes, au premier rang desquelles l'armée, de verrouiller le système, dans une période d'inquiétude sans précédent quant à l'avenir de la royauté, le roi Bhumibol, 88 ans, étant hospitalisé et invisible depuis des mois. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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