Actualisé 15.12.2019 à 01:55

FranceRéforme des retraites: son artisan dans le viseur

Les activités parallèles du haut-commissaire aux retraites en France font l'objet d'une vive polémique.

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L'Assemblée a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Cette dernière est de facto adoptée en première lecture. (Mardi 3 mars 2020)

L'Assemblée a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Cette dernière est de facto adoptée en première lecture. (Mardi 3 mars 2020)

AFP
Édouard Philippe a dégaîné samedi le 49-3, engageant la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée Nationale. (Dimanche 1er mars 2020)

Édouard Philippe a dégaîné samedi le 49-3, engageant la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée Nationale. (Dimanche 1er mars 2020)

AFP
Les manifestations contre la réforme des retraites a attiré moins de 100'000 personnes, en France. (Jeudi 20 février 2020)

Les manifestations contre la réforme des retraites a attiré moins de 100'000 personnes, en France. (Jeudi 20 février 2020)

AFP

L'artisan de la réforme des retraites en France, un projet qui suscite grèves massives et manifestations depuis plus de dix jours, a reconnu samedi avoir exercé 13 mandats d'administrateur dans diverses fondations et organismes en plus de ses fonctions gouvernementales, alors qu'il est visé par des soupçons de conflits d'intérêts avec le milieu des assurances privées.

Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites, est le père d'un projet gouvernemental qui vise, entre autres, à remplacer les 42 régimes de retraite existants en France par un régime universel à points et à instaurer un «âge d'équilibre» à 64 ans en dessous duquel on ne touchera pas sa pension pleine.

Cette réforme est au coeur d'une épreuve de force entre le gouvernement du président Emmanuel Macron et les syndicats, avec une grève des transports publics qui se poursuit depuis le 5 décembre et qui menace de semer la pagaille dans le pays en pleines fêtes de fin d'année.

Une «erreur»

Jean-Paul Delevoye est fragilisé depuis début décembre par une série de révélations de presse concernant ses activités parallèles. Selon le quotidien «Le Monde», il a ainsi touché 78'408 euros net au titre d'un ancien poste de «conseiller du délégué général» du groupe de formation IGS, ainsi que 73'338 euros net en 2018 et 62'216 en 2019 en tant que président d'honneur de Parallaxe, un groupe de réflexion sur les assurances.

La Constitution française interdit aux membres du gouvernement d'exercer «toute activité professionnelle» parallèlement à leurs fonctions officielles. Face à la polémique, Jean-Paul Delevoye a quitté ses fonctions controversées, mais pas son poste de haut-commissaire, et s'est engagé à rembourser les sommes perçues.

Dans un entretien au «Monde», il a regretté une «erreur» qu'il estime avoir «réparée». Selon le journal, il a transmis une nouvelle déclaration d'intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui scrute le patrimoine et les activités des membres du gouvernement, dans laquelle il indique exercer ou avoir exercé 13 mandats -- soit dix de plus que dans la version initiale -- majoritairement bénévoles.

«J'ai fait ces omissions car pour moi, c'était de l'ordre de l'engagement social», s'est justifié Jean-Paul Delevoye. Très fragilisé dans l'opinion publique, Jean-Paul Delevoye a reçu samedi le soutien du Premier ministre Édouard Philippe. Sa «bonne foi est totale», a estimé Édouard Philippe, écartant une possible démission, évoquée par l'intéressé lui-même pour «préserver» sa réforme. (nxp/afp)

Il faut «retirer l'âge d'équilibre. Un point, c'est tout»

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui a appelé à la mobilisation mardi prochain contre le projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement, estime dimanche qu'il faut en «retirer l'âge d'équilibre», mesure d'allongement de la durée de cotisation.

(NewsXpress)

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