Affaire Kadhafi réactions: Réforme gouvernementale indispensable

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Affaire Kadhafi réactionsRéforme gouvernementale indispensable

Si le rapport sur la crise libyenne publié vendredi est pour beaucoup le signe qu'une réforme du gouvernement est indispensable, les avis divergent quant aux contours de cette réforme.

Micheline Calmy-Rey comme Hans-Rudolf Merz ont outrepassé leurs compétences.

Micheline Calmy-Rey comme Hans-Rudolf Merz ont outrepassé leurs compétences.

L'élection à la présidence de la Confédération de Micheline Calmy-Rey fait par contre la quasi unanimité.

Même si la ministre des affaires étrangères est fortement écornée par les documents de la commission de gestion des Etats, «il ne sert à rien de montrer du doigt certaines personnes», a déclaré à l'ATS la cheffe du groupe PLR au parlement. Le parti donnera certainement ses voix à la socialiste lors de l'élection de mercredi prochain, selon Gabi Huber.

La ministre des affaires étrangères sera «probablement élue, mais mal élue, par manque d'alternatives», a pour sa part souligné le président du PDC Christophe Darbellay. Et d'avertir que «c'est une année de présidence difficile qui attend» Mme Calmy-Rey. Tout comme celui du PLR, le groupe PDC arrêtera sa consigne de vote mardi.

Ancienneté et concordance

Du côté du groupe UDC, la décision a déjà été prise: ses parlementaires voteront pour la Genevoise. Malgré les conclusions du rapport, qui confirment l'image que le parti avait déjà de la ministre, l'UDC a en effet choisi de respecter l'ancienneté et la concordance, selon le président du parti Tonni Brunner.

Nourrissant l'espoir que Mme Calmy-Rey tire rapidement les leçons de la critique, les Verts ont eux aussi choisi d'accorder leur scrutin à la socialiste. Leur président Ueli Leuenberger lui prédit néanmoins un mauvais score. Une prévision qui rallie son homologue du PBD Hans Grunder: la conseillère fédérale passera, non sans s'être fait préalablement sermonner par le Parlement.

Enfin, sans surprise, les socialistes serrent les rangs autour de leur ministre de tutelle. «Il n'y a pas d'élément saillant dans le rapport de la commission laissant supposer qu'elle n'est pas capable d'assumer la fonction de présidente de la Confédération», a noté le conseiller national et membre de la commission de politique extérieure Carlo Sommaruga. Et le député d'inviter à se pencher sur une révision du système de concordance.

Plus d'erreur permise

Les commentaires sur l'autre grande cible des critiques du rapport, l'ex-président de la Confédération Hans-Rudolf Merz, semblent par contre s'essouffler. Si Carlo Sommaruga dénonce «des erreurs d'évaluation et de compréhension», Christophe Darbellay relève plutôt une «extraordinaire naïveté» de la part de l'ancien ministre des finances, couplée de bonnes intentions.

Pour ce qui est des 14 recommandations listées dans le rapport de la commission, elles font mouche auprès de la plupart des partis politiques. Elles constituent un bon premier pas en avant, commente le président du PDC. Ueli Leuenberger, lui, invite le gouvernement à les suivre à la lettre, car il ne «peut plus se permettre d'erreurs».

Tout en saluant lui aussi ces propositions, M. Grunder se «demande néanmoins si elles amèneraient quelque chose, alors même que la collégialité n'est pas mise en pratique». M. Sommaruga abonde dans le sens du président du PBD et invite à se pencher sur une réforme de la composition politique du gouvernement.

Pour le président du PLR, c'est plutôt la nécessité d'un leadership stratégique qui est urgente. Une présidence de deux ans serait une piste à suivre, souligne-t-il.

Au contraire, Toni Brunner ne voit aucun besoin de réforme du gouvernement. «Ce sont les personnes au Conseil fédéral qui ont amené le problème», pas le système, dit-il.

Image de la Suisse écornée

Le Conseil fédéral s'est contenté vendredi de prendre acte du document publié par la commission de gestion. Il s'exprimera sur ses conclusions dans le délai imparti, soit d'ici fin avril 2011.

Selon le directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen, Hasni Abidi, ce rapport parlementaire pourrait permettre à la Suisse d'éviter le tribunal arbitral. L'image du pays n'en ressort toutefois pas grandie dans le monde arabe, a-t-il conclu. (ats)

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