Actualisé 23.01.2007 à 23:47

Régis Wargnier: «Je voulais José Garcia»

RENCONTRE – Régis Wargnier a notamment remporté l'Oscar du meilleur film étranger en 1993 pour «Indochine».

– Pourquoi avoir adapté ce livre de Fred Vargas?

– C'est une commande de producteurs qui avaient posé une option. Ils ont demandé à cent réalisateurs de faire une adaptation. C'est une méthode plus hollywoodienne que française. Mais j'ai aimé le livre, car il y a l'atmosphère, l'intrigue et les personnages nécessaires pour faire un bon polar.

– Vous allez plus loin que Vargas dans l'invasion de Paris par la peste...

– Je voulais me pencher sur la peste et ses conséquences. Aujourd'hui, on vit dans un monde menacé par le SRAS, la grippe aviaire, etc. J'ai voulu me pencher sur l'idée de «menace», la rendre réaliste. Faire comme si une guerre bactériologique pouvait éclater demain. On peut aujourd'hui inoculer un virus à une population. C'est réalisable et ça fout la frousse.

– Il y a énormément de fortes têtes dans le livre. Comment avez-vous imaginé le casting?

– Je voulais Garcia dès le début. Pour le reste, il est dur d'avoir autant de rôles-clés que dans le livre. J'ai donc dû trouver un équilibre entre eux.

– Pourquoi ne pas être allé plus loin dans le côté sombre?

– Pour moi, le film est beaucoup plus noir que le livre. Non?

– Qu'est-ce qui est difficile dans l'adaptation d'un livre?

– Personnaliser un héros qui a des fans. Lui trouver un lieu qui soit juste et cinématographique. Aller plus vite pour présenter les personnages que les vingt-cinq pages de description du livre.

– «Il n'y a pas que du beau dans la tête des hommes.» Comment interpréter cette phrase tirée du livre?

– On pourrait l'appliquer à tous les personnages du film. Ils ont tous une histoire cachée, quelque chose de lourd.

Elsa Duperray

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