Règles de lobbying à renforcer au Royaume-Uni
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Affaire Greensill Règles de lobbying à renforcer au Royaume-Uni

L’affaire Greensill et la pression exercée par l’ex-Premier ministre David Cameron sur les autorités ont montré l’insuffisance des règles encadrant le lobbying au Royaume-Uni, selon un rapport.

Le rôle de l’ancien Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, a été au cœur des investigations des parlementaires britanniques. 

Le rôle de l’ancien Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, a été au cœur des investigations des parlementaires britanniques.

REUTERS

L'ex-Premier ministre britannique David Cameron a été au centre de l'affaire Greensill, en tant que conseiller de l'entreprise, et a exercé un lobbying sans relâche auprès des autorités politiques et financières pour que la société ait accès à des programmes d’aides du gouvernement pendant la pandémie, selon un rapport de la puissante commission du Trésor du Parlement britannique dévoilé mardi. Elle a enquêté sur la faillite en mars de Greensill, spécialiste des prêts de court terme aux entreprises, et ses ramifications politico-financières.

Règles à renforcer

«Bien que M. Cameron n’ait pas enfreint les règles régissant le lobbying par d’anciens ministres, elles ne sont pas suffisamment solides et il y a matière à les renforcer», a estimé la commission, dans un communiqué. L’ex-Premier ministre n’a rien fait d’illégal puisqu’il s’est écoulé plus de deux ans entre sa démission et sa prise de fonction chez Greensill, confortablement rémunérée. Mais la commission attend désormais du Trésor qu’il mette en place des pratiques pour traiter les tentatives de lobbying de la part des ex-Premiers ministres ou simples ministres.

Usage de WhatsApp critiqué

La commission estime également que le Trésor aurait dû encourager M. Cameron à emprunter des canaux de communication plus formels, plutôt que des SMS ou messages Whatsapp envoyés directement aux plus hauts responsables du Trésor, dont le ministre des Finances lui-même. Le rapport met en avant le «manque de jugement prononcé» de l’ex-Premier ministre dans les moyens qu’il a utilisés. Mais la commission estime que les autorités ont pris la bonne décision en rejetant ses demandes. Les responsables du Trésor «se sont comportés avec une intégrité totale et absolue», déclare Mel Stride, député conservateur et président de la commission.

«De bonne foi»

«Je suis heureux que le rapport confirme que je n’ai enfreint aucune règle et je partage ses principales conclusions», a réagi pour sa part M. Cameron, estimant qu’il est judicieux de changer les règles sur le lobbying. «Les communications de cette nature devraient se faire à l’avenir seulement via les canaux les plus formels. J’ai toujours agi de bonne foi et je n’avais aucune idée jusqu’à la fin de l’an dernier que Greensill Capital était menacé de faillite», assure-t-il.

Leçons à tirer

Dans le même temps, Mel Stride ajoute que cette affaire permet de tirer «plusieurs leçons sur le fonctionnement de notre système financier». La commission estime notamment que la faillite de Greensill, qui n’était pas une banque, a mis en lumière les risques autour du secteur financier non bancaire, qui n’est pas régulé de la même manière. Elle appelle notamment à la publication de davantage de données dans le secteur afin d’éviter les trop grandes prises de risques.

Enfin, le rapport, long de plus de 70 pages, insiste sur les liens étroits, une «relation symbiotique», entre Greensill et le groupe GFG Alliance du magnat de l’acier Sanjeev Gupta. GFG, qui connaît des problèmes financiers depuis la faillite de son prêteur, est par ailleurs visé par une enquête pour soupçons de fraude et blanchiment d’argent. Le SFO (Serious Fraud Office), l’équivalent du parquet financier, s’intéresse notamment à ses liens avec Greensill. L'affaire a également coûté cher à la banque Credit Suisse qui avait proposé à des clients des fonds «Supply Chain Finance Funds» liés à Greensill.

(afp/reg)

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