Bain de sang en Guinée: Regroupement interdit pendant le deuil national
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Bain de sang en GuinéeRegroupement interdit pendant le deuil national

La junte au pouvoir en Guinée a déclaré mercredi et jeudi «journées de deuil national» en mémoire des victimes de la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition en début de semaine.

Les militaires ont interdit «tout regroupement de quelque nature que ce soit à caractère subversif».

«Je déclare les journées mercredi et jeudi journées de deuil national», a déclaré le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à la télévision nationale, mardi soir. «Sur ce, tout regroupement de quelques natures que ce soit à caractère subversif est interdit», a-t-il ajouté, lisant un communiqué.

«J'invite le conseil religieux (regroupant responsables chrétiens et musulmans), les responsables des partis politiques, les organisations de la société civile et les mass médias à s'abstenir de propos et actes de nature à troubler l'ordre public et de nature à ébranler le fondement même de la nation guinéenne», a-t-il poursuivi.

«Les fauteurs de troubles et les commanditaires seront sévèrement punis», la junte «compte sur la maturité de notre peuple».

«J'invite chacun et tous à consacrer les journées de vendredi et dimanche prochains à des journées nationales de prières et de recueillement à la mémoire des victimes et pour manifester notre solidarité à l'endroit de leurs familles», a-t-il précisé.

Selon l'organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme, plus de 150 personnes ont été tuées lors de la répression par les forces de sécurité d'une manifestation pacifique de personnes hostiles à l'éventuelle candidature du chef putschiste à la présidentielle de janvier. Plus de 1200 personnes ont été blessées, selon la même source.

Le massacre de lundi, qui a soulevé une condamnation unanime de la communauté internationale, est l'un des plus graves perpétrés en une seule journée depuis un quart de siècle en Guinée.

(ats)

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