Suisse: Rejet massif des deux initiatives populaires

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SuisseRejet massif des deux initiatives populaires

Le peuple suisse a dit non, à une très large majorité, à l'exonération fiscale des allocations pour enfants ainsi qu'à l'introduction d'une taxe sur l'énergie.

La Suisse ne remplacera pas la TVA par une taxe sur l'énergie. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les Suisses n'ont pas pris de gants avec la première initiative populaire du Parti vert'libéral (PLV): ils l'ont balayée dimanche par un score quasiment historique (92% de non). Les citoyens ont réservé le même sort à l'exonération fiscale des allocations pour enfants. Le texte du PDC a cependant été moins nettement rejeté (75,4%).

L'initiative «Remplacer la taxe sur la valeur ajoutée par une taxe sur l'énergie» a frisé le record. Il faut remonter à 1929 pour trouver un si mauvais résultat. A cette époque, l'initiative pour l'approvisionnement du pays en blé n'avait alors récolté que 2,7% de oui.

La gifle encaissée par le PLV est de mauvais augure pour les plans du Conseil fédéral, qui compte dévoiler prochainement ses propres propositions en matière de taxes énergétiques pour accompagner l'abandon du nucléaire.

Deux millions de non

De peur de devoir débourser jusqu'à 5 francs pour un litre d'essence, la très large majorité des Suisses n'a pas hésité. Seuls quelque 175'700 citoyens ont glissé un oui dans l'urne, alors que plus de 2 millions ont voté non. Les moins sceptiques ont été les Bâlois de la Ville, avec 86% de refus. Ils sont suivis des Schaffhousois et des Zurichois (89,1% dans les deux cas).

Partout ailleurs le taux de rejet dépasse les 90%. Ainsi Genève a repoussé l'initiative par 90,1% et Berne par 91,5%. Les adversaires les plus virulents se retrouvent en Valais (96,1%), en Appenzell Rhodes-Intérieures (94,9%) et à Fribourg (94,4%). Le refus est aussi très clair dans le canton de Vaud (94,3%) ainsi que dans le Jura et à Neuchâtel (94,1% dans les deux cas).

Refus d'aider les familles les mieux loties

Le raz-de-marée est un peu moins violent pour le texte sur la famille, initié par le PDC, même si la défaite demeure nette. Dans ce cas aussi, aucun canton n'a soutenu l'idée de permettre aux parents de déduire les allocations qu'ils touchent pour les enfants et les jeunes en formation de leurs impôts.

L'initiative «Aider les familles!», accusée d'avantager les ménages mieux lotis et de causer des pertes fiscales importantes, a été rejetée par plus de 1,65 million de personnes. Moins de 538'000 l'ont soutenue.

Le texte a obtenu les moins mauvais scores dans les bastions PDC de Suisse romande. La palme revient au Jura, avec tout de même 57,2% de non. Fribourg (67,4%) s'est montré plus sévère, tout comme le Valais (67,8%), qui pratique pourtant déjà une défiscalisation des allocations au niveau cantonal.

A Genève, 70% des votants se sont opposés à l'idée, tout comme 71,7% des Neuchâtelois et 74,3% des Vaudois. Au Tessin, le rejet s'inscrit à 70,6%; à Berne, il atteint 79,4%. Glaris affiche pour sa part l'opposition la plus marquée, avec 83,1% de non.

Le soutien officiel de dernière minute de l'UDC n'a pas réussi à assurer une majorité populaire au PDC. Les arguments du Conseil fédéral, des directeurs cantonaux des finances et des autres partis ont convaincu davantage, en période d'incertitude économique. (ats)

Objets cantonaux et communaux

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