Actualisé 24.03.2015 à 19:23

Affaire Bettencourt

Relaxe requise pour Woerth et de Maistre

Le ministère public de Bordeaux a requis mardi la relaxe pour l'ancien ministre UMP Eric Woerth et Patrice de Maistre, l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt.

La femme d'Eric Woerth (ici lors de sa sortie du tribunal de Bordeaux, mardi) avait été engagée par Patrice de Maistre.

La femme d'Eric Woerth (ici lors de sa sortie du tribunal de Bordeaux, mardi) avait été engagée par Patrice de Maistre.

Les deux hommes sont poursuivis pour trafic d'influence passif et actif. Ce deuxième dossier de l'affaire Bettencourt est jugé depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Patrice de Maistre est soupçonné d'avoir embauché en septembre 2007 l'épouse d'Eric Woerth, Florence, dans sa société chargée de la gestion des avoirs de Liliane Bettencourt.

En échange, il obtenait sa nomination au grade de Chevalier de la Légion d'honneur. Le procureur-adjoint Gérard Aldigé a rappelé qu'il avait requis un non-lieu pour les deux hommes au terme de l'instruction déjà.

«Mes réquisitions n'ont pas été suivies par les magistrats instructeurs. Dont acte. Aujourd'hui, je persiste et signe. Je sais bien que d'aucuns estimeront que ces réquisitions de relaxe sont signe de complaisance», a dit le magistrat en demandant la relaxe des deux hommes. «Cette accusation est totalement indéfendable», a-t-il ajouté.

Construction intellectuelle

Les juges d'instruction voyaient «un lien de cause à effet» entre l'obtention de la Légion d'Honneur par Patrice de Maistre en 2007 et l'embauche en septembre de la même année de Florence Woerth dans la société Clymène. Le magistrat a estimé que les conclusions étaient infondées.

«Il s'agit d'une construction intellectuelle qui se heurte à une approche précise des pièces du dossier», a-t-il dit. Il a cependant ajouté que «Patrice de Maistre est un intrigant en quête de reconnaissance» pour avoir fait intervenir un tiers pour demander sa Légion d'honneur.

Eric Woerth avait saisi par courrier Nicolas Sarkozy en mars 2007, alors ministre de l'Intérieur. Mais ce courrier, a-t-il poursuivi, n'est «pas la preuve manifeste» d'un trafic d'influence et «d'un pacte de corruption», d'autant que pour le gestionnaire de fortune, «l'embauche de la femme d'un ministre le valorisait».

Troisième volet en juin

Le tribunal fera connaître ses décisions le 28 mai. Les 8 et 9 juin, un autre volet de cette tentaculaire affaire sera jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Il y a un mois, les deux hommes comparaissaient dans le dossier des abus de faiblesse dont aurait été victime l'héritière de L'Oréal. Le parquet a là-aussi requis la relaxe d'Eric Woerth. (ats)

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