Mühleberg : Remise en route prévue d'ici fin septembre
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Mühleberg Remise en route prévue d'ici fin septembre

Le groupe énergétique bernois FMB entend remettre en marche la centrale nucléaire de Mühleberg au plus tard à fin septembre.

D'ici fin septembre, les travaux de sécurité en cas de crue, qui s'avèrent plus longs que prévus, seront achevés, ont indiqué les responsables mardi à la presse. Ces mesures, approuvées par l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire, prévoient d'assurer l'alimentation en eau de refroidissement même lors d'une crue exceptionnelle de l'Aar. Ces mesures coûteront moins que prévu, soit un montant «de quelques millions au maximum».

Le patron de l'IFSN, Hans Wanner, a rappelé dans les colonnes du «Temps» que la centrale de Mühleberg doit être capable de maîtriser le risque d'obstruction du dispositif d'alimentation en cas de crue pour pouvoir être remise en marche. Même si ce risque est «extrêmement minime».

Sur le long terme, les FMB ambitionnent de maintenir en fonction la centrale aussi longtemps que sa sécurité et sa rentabilité seront garanties, a expliqué Hermann Ineichen, chef Energie Suisse auprès du groupe bernois. «Nous sommes prêts à entreprendre de grands investissements».

Refroidissement par l'air

Pour cela, et conformément au délai fixé par l'IFSN, les FMB vont remettre mercredi aux autorités fédérales leur concept pour une exploitation à long terme de Mühleberg. Il s'agit notamment de doter la centrale d'un système de refroidissement par l'air au cas où les arrivées d'eau ne fonctionneraient plus pour une quelconque raison.

Selon les responsables de la centrale, cette technologie a fait ses preuves en Allemagne. Les travaux d'installation devraient durer environ trois ans après le feu vert de l'IFSN, selon le responsable du projet, Thomas Staffelbach. Durant ce laps de temps, Mühleberg pourrait continuer à produire de l'électricité.

Selon M. Ineichen, les coûts sont estimés à en tout cas plus de 20 millions de francs, laissant ouverte la question d'une facture à plus de 100 millions. Reste à savoir si Mühleberg sera toujours rentable après tous ces travaux. Cela sera examiné l'an prochain, a fait savoir M. Ineichen.

La centrale ne dispose par ailleurs pas encore des résultats des nouvelles analyses effectuées cet été sur les fissures du manteau du coeur du réacteur. Ils seront publiés sitôt que la centrale sera remise en route, a indiqué le directeur de Mühleberg, Patrick Miazza.

IFSN: la sécurité avant tout

Les nouvelles exigences face aux risques de crues ont été fixées après Fukushima. La catastrophe japonaise a changé la perception qu'avait l'IFSN des risques d'inondations et de séismes, a reconnu le patron de l'IFSN, Hans Wanner, dans «Le Temps».

Il a toutefois réfuté les critiques selon lesquelles elle est «trop gentille et insuffisamment critique» envers les exploitants des centrales nucléaires. Pour l'organe de surveillance, la sécurité passe avant l'économie.

Hans Wanner affirme que la culture de la sécurité est absolument essentielle et qu'elle est travaillée en permanence. La Suisse fait mieux que le Japon, puisqu'elle se soumet à des contrôles internationaux, non obligatoires.

Nouvelle organisation interne

Avant la catastrophe de la centrale de Fukushima déjà, l'IFSN a procédé à une nouvelle organisation interne, qui entre en vigueur jeudi. Celle-ci clarifie les procédures de décision et de répartition au sein de l'IFSN. Fukushima n'a fait que confirmer la nécessité de cette approche.

L'accident nucléaire japonais a en outre fait prendre conscience à Hans Wanner qu'il faut se préparer à des situations d'urgence dont la probabilité est jugée extrêmement minime. «Nous avons aussi compris que nous devions être plus présents auprès du public», ajoute-t-il.

Dans la «Neue Zürcher Zeitung», le patron de l'IFSN juge que des améliorations sont possibles en Suisse aussi. L'armée, par exemple, n'a actuellement pas de mandat pour venir en aide sur place lors d'une catastrophe atomique. Cela devrait changer, aux yeux de Hans Wanner: «Il faut préparer l'armée à ce genre d'engagements». (ats)

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