Genève: Remous autour des propos d'un élu MCG sur les Noirs

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GenèveRemous autour des propos d'un élu MCG sur les Noirs

Laurent Leisi a publié sur Facebook des posts peu élogieux à l'encontre des Africains. La présidente de son parti ne l'accepte pas.

par
Jérôme Faas
Depuis la publication initiale, Laurent Leisi a remplacé le mot "nègre" par "censuré".

Depuis la publication initiale, Laurent Leisi a remplacé le mot "nègre" par "censuré".

Facebook

Laurent Leisi, conseiller municipal MCG en Ville de Genève, affectionne les propos provocateurs, et n'hésite pas à les publier sur Facebook. Mercredi soir, il a relaté un épisode auquel il a assisté près de la gare, au cours duquel, selon lui, un homme puis une femme noirs on tenu des propos dégradants à l'encontre de la Suisse et des blancs sur le ton de l'invective. Et de préciser qu'il écrit «homme de couleur noire», et qu'il ne dit «plus "nègre" même si c'est conforme au dictionnaire et à l'identité intrinsèque dont se nomment fièrement certains africains, parce que ça heurte gravement quelques petits caciques rigides et flicaillons retraités de mon parti politique, qui s'empressent d'aller pleurer au bureau directeur (...).»

La saillie a été très diversement commentée sur les réseaux sociaux, certains intervenants hurlant au racisme. Interpellée à ce sujet, la présidente du MCG, Ana Roch, a opté pour la concision. «Le MCG ne peut en aucun cas cautionner ni accepter de tels propos. Maintenant, en respect de nos statuts et procédures nous nous devons d'entendre Monsieur Leisi. Et à la suite de son audition nous prendrons les mesures qui s'imposent à son encontre.»

Contacté, l'intéressé se défend de tout racisme. Il estime que son post était «humoristique». Et il précise que «dans le dictionnaire, la négritude n'est en aucun cas un terme raciste».

Il assume également un autre post circulant sur Facebook, daté du 2 mai, dans lequel il explique avoir travaillé en Afrique et détesté cela. «Je les ai détestés, j'ai détesté leurs cultures», écrit-il notamment. Ce jeudi, il indique que «détester, cela ne veut pas dire être raciste ou haïr. Je confirme, j'ai beaucoup de peine à supporter leur culture. Mais je déteste le racisme. Il n'y a pas de race supérieure, d'individu supérieur. Je n'ai aucun problème avec les gens de couleur mais je revendique une certaine insolence.»

Quant aux propos de sa présidente Ana Roch, il juge que «si elle veut mal comprendre... La plupart de ceux qui ont lu le texte l'on trouvé amusant. Si le sens a été mal compris, je m'en expliquerai.»

Laurent Leisi avait déjà créé un tollé en septembre 2017 saluant la mort de Pierre Bergé, l'ex-compagnon d'Yves Saint Laurent, qualifié de «pornocrate avéré». A cette époque, Ana Roch déclarait ceci dans la «Tribune de Genève»: «On surveille. On lui a dit souvent de faire très attention car, membre d'un parti et de surcroît élu, il n'engage pas que lui. Il est toujours un peu sur le fil et il a déjà été sanctionné par Facebook.»

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