Football - Renato Steffen, 30 ans mais tout à prouver

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FootballRenato Steffen, 30 ans mais tout à prouver

En équipe de Suisse, l’ailier argovien a une histoire très relative. Contre l’Italie, les absences le forceront à assumer plus de responsabilités.

par
Valentin Schnorhk
(Rome)
Renato Steffen a fêté ses 30 ans le 3 novembre dernier. Mais il garde son agilité.

Renato Steffen a fêté ses 30 ans le 3 novembre dernier. Mais il garde son agilité.

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À compter les absents, on oublie ceux qui restent avec l’équipe de Suisse. Mais certains peuvent en profiter. Et se réjouir: l’hécatombe est à leur crédit. Ils ont l’assurance ou presque de commencer la partie contre l’Italie vendredi à Rome. Renato Steffen est l’un d’eux. L’ailier de Wolfsburg peut voir en les forfaits de Steven Zuber, Breel Embolo ou Christian Fassnacht une garantie de titularisation. Il doit la faire fructifier.

Car, en équipe nationale, Renato Steffen a encore beaucoup à prouver. Le mois dernier, en Lituanie, il a inscrit son premier but sous le maillot suisse, après dix-huit sélections. À 30 ans (il les a fêtés il y a une semaine), c’est l’heure de s’imposer. Et de briller. L’arrivée de Murat Yakin à la tête de la sélection lui offre cette possibilité. «Je joue un peu plus à l’intérieur du jeu, entre les lignes, explique-t-il. Je suis plus proche de la surface et je peux donc amener du danger sur les buts adverses.» Autrement dit, Steffen se retrouve plus dans un poste d’ailier capable de rentrer vers l’axe, plutôt que l’extérieur qu’il pouvait être sous Vladimir Petkovic. Plus conforme à ce qu’il connaît en club.

«Murat Yakin sait que je peux prendre des responsabilités, et c’est une tâche qui est naturelle maintenant que j’ai 30 ans»

Renato Steffen, international suisse

«Murat Yakin sait que je peux prendre des responsabilités, et c’est une tâche qui est naturelle maintenant que j’ai 30 ans, confie l’Argovien. Ce changement de sélectionneur me convient très bien jusqu’ici.» Il doit néanmoins le confirmer sur le terrain. Son histoire avec la Suisse reste maigrichonne. Depuis ses débuts en 2015, Steffen n’a pas grand-chose à raconter, au-delà de ce joli but (un lob tout en toucher) inscrit à Vilnius. Tout juste était-il du voyage au Portugal pour le Final Four de la Ligue des nations en 2019. Sa seule «compétition» internationale disputée jusqu’ici.

L’ambition d’un Mondial, enfin

Car l’ancien joueur de Young Boys et de Bâle n’a jamais participé à un Euro ou une Coupe du monde. Forfait en 2016, pas retenu en 2018 et à nouveau blessé peu avant l’Euro de l’été dernier, Steffen nourrit forcément des ambitions. Au-delà de cette simple période de qualifications: «J’ai déjà vécu à deux reprises des éliminatoires et être au Mondial est naturellement un gros objectif pour moi», lâche-t-il. En attendant, il faudra passer par Rome vendredi. Lui n’a pas vécu l’affront de juin dernier et la défaite 3-0 au Stade olympique. «Ce soir-là, j’étais à la maison, à fond derrière l’équipe, se souvient-il. Je crois que nous avions peut-être parfois manqué un peu d’agressivité. Mais nous avons montré à Bâle en septembre, lors du 0-0, que nous pouvions rivaliser en tant qu’équipe. Je pense que nous avons beaucoup appris de ce 3-0.»

Le plan sera assurément différent cette fois-là. «Nous devrons mettre une grosse intensité sans ballon, et aller chercher les espaces qu’il y aura, entrevoit Steffen. Nous devrons être toujours en mouvement et si on se projette vite devant à la récupération, nous pouvons faire mal. Personnellement, j’entends amener mon agressivité, et aider tant dans le secteur défensif qu’offensif.» Et d’assumer les responsabilités qu’il se sent prêt à prendre. Pour faire oublier les absents.

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