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GenèveRenaturée, l’Aire est le théâtre de nombreuses incivilités

La fréquentation estivale des lieux est notamment pointée du doigt par les associations riveraines qui craignent également la future urbanisation.

Une cahier de doléances a été élaboré.

Une cahier de doléances a été élaboré.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Depuis 2016, des associations alertent l’Etat de Genève et les communes riveraines de l’Aire des dégradations qui affectent la rivière et ses abords. Alors que la situation a empiré avec le semi-confinement, elles viennent de leur adresser un «cahier de doléances».

«Après des années d’échanges de lettres sans effet, nous pensons qu’il est plus percutant d’aller devant la presse. Car il est encore temps d’agir», a déclaré jeudi Christiane Isler, de l’Association pour la sauvegarde de Confignon et environs (ASC). Si l’idée d’établir un cahier de doléances remonte à 2016, l’année 2020, marquée par les mesures sanitaires, en a montré l’urgence.

«Du mois de mars à la fin de l’été, la fréquentation au bord de l’Aire a augmenté, offrant une vision d’apocalypse le matin», explique Mme Isler. «Rave parties, bruit, feux, littering, véhicules mal stationnés ou qui roulent dans les champs: la campagne a subi une invasion de personnes qui ne respectent pas le vivre ensemble», poursuit Margareth Robert-Tissot, présidente de l’ASC.

Pour l’ASC, l’Etat doit sévir. Un avis partagé par Alain Rouillet, de l’Association Qualité de vie à Bernex et Confignon: «L’Etat aménage des sites publics de qualité pour des millions de francs, comme dans le cadre de la renaturation de l’Aire, mais il n’assure pas le suivi. C’est là que le bât blesse!» D’où un appel à la création d’une «brigade verte" intercommunale pour sensibiliser et verbaliser.

«Préserver la nature»

Cette requête fait partie des 42 demandes qui figurent dans le cahier de doléances. Un autre volet important concerne l’aménagement de la plaine de l’Aire. Afin de mieux protéger la biodiversité du site, les associations veulent que les futurs immeubles de logements des Cherpines soient éloignés d’au moins 100 mètres des rives.

Ce projet immobilier inquiète aussi par la surpopulation qu’il va générer, alors qu’il était initialement conçu comme un écoquartier. «Nous ne sommes pas contre la construction de logements, mais nous demandons de la qualité. Plus on densifie, plus il y aura de monde. Il faut préserver la nature», souligne Mme Isler.

Imperméabilisation du sol

Les associations demandent également l’instauration d’un moratoire sur la construction de serres. «Elles imperméabilisent le sol sur une très grande surface, alors qu’il s’agit de la meilleure terre arable du canton», explique M. Rouiller. L’eau, contaminée par la pollution agricole, s’écoule dans la nappe phréatique de surface.

Si les exécutifs municipaux et cantonal ne réagissent pas, les conseils municipaux et le Grand Conseil commencent à bouger, selon M. Rouiller. Plusieurs motions sur la protection de l’Aire ont été déposées.

(ATS)

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79 commentaires
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malcolm

09.10.2020 à 13:21

Donner de la confiture à des cochons...

Lac de Genève

09.10.2020 à 10:52

Comme quoi certains et certaines des grand(e)s moralisatrices amoureuses et amoureux de la nature, ne sont pas si respectueux de l'environnement que ça.

guil

09.10.2020 à 08:51

Entre les déchets au sol, les vélos qui roulent vite et te rase quand ils arrivent derrière toi, les chiens qui te vienne dessus ( heureusement qu'il y des propriétaires qui sont maître de leurs chiens et qui les rappellent , oui y en a encore ), c'est dommage tout ce civisme perdu !!!