Actualisé 16.05.2008 à 18:29

Rencontre Blocher - Widmer-Schlumpf à la télévision

Pour la première fois depuis l'éviction de Christoph Blocher au profit d'Eveline Widmer-Schlumpf, les deux adversaires UDC ont croisé le fer en public vendredi soir.

L'émission «Arena» de la télévision alémanique SF n'a pas débouché sur un vrai duel.

La forte présence médiatique - une quarantaine de journalistes - témoignait de l'intérêt particulier que suscitait la rencontre, qui était dédiée à l'initiative UDC sur les naturalisations, en votation le 1er juin.

En tant que conseillère fédérale, Eveline Widmer-Schlumpf, occupait une tribune à part. Quatre interlocuteurs principaux se sont opposés: d'un côté, l'ex-ministre de la justice Christoph Blocher et le président de l'UDC Toni Brunner, et de l'autre le conseiller national radical Christian Wasserfallen et le conseiller national socialiste Daniel Jositsch.

Très calme, le regard attentif, Mme Widmer-Schlumpf a rappelé dès l'ouverture des feux qu'elle représentait le Conseil fédéral, et non pas sa position personnelle sur le sujet. M. Blocher s'est lui tout de suite échauffé en répondant aux questions du présentateur Reto Brennwald.

Brouhaha

Très rapidement, les voix des principaux intervenants se sont mélangées dans une polyphonie difficile à suivre, avec des interventions spontanées du choeur des supporters. Eveline Widmer-Schlumpf a suivi la mêlée avec des yeux amusés, avant de réclamer la parole.

Elle s'est animée et a défendu la position du gouvernement avec flamme, ne reculant pas à remettre à sa place M. Blocher qui l'interrompait: «Vous avez suffisamment parlé M. Blocher, c'est mon tour maintenant». Comme souvent dans les émissions «Arena», le débat émotionnel a régulièrement menacé de s'enliser dans le brouhaha.

Pas d'attaques personnelles

Christoph Blocher et Eveline Widmer-Schlumpf ont défendu leur cause de manière engagée sans mâcher leurs mots. De manière générale, le tribun zurichois est apparu plus tendu, son humour légendaire n'était pas au rendez-vous, il a fréquemment élevé la voix. Ses éclats ont parfois fait sourire celle qui occupe son poste aujourd'hui.

Néanmoins, les deux adversaires se sont rarement opposés directement. Il n'y a eu aucun coup de poignard dans le dos, aucune attaque personnelle et aucune référence à la procédure d'exclusion de la ministre UDC en disgrâce. (ats)

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