Crise en Syrie: Rencontre surprise entre Poutine et Assad
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Crise en SyrieRencontre surprise entre Poutine et Assad

Le président russe a reçu lundi son homologue syrien à l'avant-veille d'un sommet Russie-Iran-Turquie, visant à trouver une sortie à la crise syrienne.

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Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

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Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

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Valdimir Poutine, principal soutien du régime syrien, multiplie les contacts à quelques jours de nouveaux pourparlers sous l'égide de l'ONU prévus à Genève, le 28 novembre. Objectif: mettre fin à une guerre qui a fait au moins 330'000 morts en six ans et des millions de déplacés. En 2018, 13,1 millions de personnes auront besoin d'assistance, selon le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

Vladimir Poutine réunit mercredi ses homologues turc Recep Tayyip Erdogan et iranien Hassan Rohani dans la station balnéaire de Sotchi, où Bachar el-Assad s'est rendu pour sa première visite en Russie, et à l'étranger, depuis octobre 2015. C'était alors juste après le lancement de l'intervention militaire russe qui a constitué un tournant dans le conflit.

L'entretien surprise entre Vladimir Poutine et Bachar el-Assad a eu lieu lundi soir mais n'a été rendu public que mardi matin. Il a duré quatre heures, a précisé un porte-parole du Kremlin.

Défaite «inévitable et définitive»

Selon les images retransmises à la télévision, le maître du Kremlin a «félicité» le président syrien pour ses résultats dans la lutte contre le terrorisme, proche d'une défaite «inévitable et définitive». «Je pense qu'il est maintenant temps de passer au processus politique», a-t-il ajouté.

Il a précisé qu'il comptait s'entretenir encore mardi au téléphone avec le président américain Donald Trump ainsi qu'avec des chefs d'Etat de pays arabes, dont l'émir du Qatar, pour des «consultations» sur la situation en Syrie.

«Nous avons intérêt à faire avancer le processus politique. Nous ne voulons pas regarder en arrière et nous sommes prêts à un dialogue avec tous ceux qui souhaitent vraiment aboutir à un règlement politique», a souligné pour sa part Bachar el-Assad, selon ses propos traduits en russe. Il a remercié Moscou pour son engagement.

Pour l'Iran, c'est la fin de l'EI

Lancée en 2015, l'intervention militaire russe en Syrie a changé la donne en permettant notamment à l'armée syrienne de ravir au groupe djihadiste Etat islamique (EI) la cité antique de Palmyre et chasser les rebelles de leur bastion d'Alep, dans le nord.

Les forces du régime syrien ont chassé dimanche soir les djihadistes de Boukamal, dernier fief urbain en Syrie de l'EI qui a perdu la quasi-totalité de son territoire et dont le «califat» autoproclamé en 2014 s'est effondré. Après cette défaite, il ne reste à l'EI que quelques villages le long de l'Euphrate, ainsi que quelques sites ici et là dans le pays.

«En ce qui concerne notre travail commun dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, cette opération touche à sa fin», a assuré M. Poutine. Le chef d'Etat major de l'armée russe Valéri Guerassimov a même ensuite affirmé que la «phase active de l'opération militaire» en Syrie «s'achève». Le même jour, le président iranien Hassan Rohani a carrément proclamé la fin de l'EI dans un discours diffusé en direct à la télévision publique.

Quel sort pour Al-Assad?

La Russie a également initié les négociations d'Astana, qu'elle parraine avec l'Iran, autre allié de Bachar el-Assad, et la Turquie qui soutient les rebelles. Le processus a réuni sept fois au cours de l'année le régime et l'opposition dans la capitale kazakhe, aboutissant à la mise en place des «zones de désescalade».

Moscou cherche désormais, en réunissant à Sotchi les trois parrains de ce processus qui s'est concentré jusqu'à présent sur les questions militaires, à lui trouver un débouché politique.

La dernière initiative russe visant à réunir régime et opposition en Russie a été reçue froidement par les rebelles et aucune date n'a été fixée. Toutes les tentatives de mettre fin à la guerre se sont pour l'instant heurtées au sort de Bachar el-Assad mais le président syrien, au pouvoir depuis 2000, apparaît en position de force maintenant que son armée a repris la plus grande partie du territoire syrien aux rebelles et à l'EI. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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