Suisse: Rente insuffisante pour plus d'un retraité sur dix
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SuisseRente insuffisante pour plus d'un retraité sur dix

Environ 12% des retraités ne peuvent pas vivre de leur rente de vieillesse, révèlent de nouveaux chiffres rendus publics vendredi.

Selon de nouvelles statistiques, cette part est stable, mais le nombre de personnes ayant dû recourir aux prestations complémentaires (PC) a augmenté de 4300 pour s'inscrire à 185'800 personnes l'an dernier.

Depuis 2009, l'effectif des bénéficiaires de PC à l'assurance invalidité (AI) augmente moins que celui des bénéficiaires à l'AVS, mais il continue de croître. Fin 2013, 111'400 rentiers de l'AI ont touché des PC, soit 1200 personnes de plus que l'année précédente, a annoncé vendredi l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

La part des rentiers AI concernés a progressé de 1,4 point de pourcentage pour atteindre 42,7 %. Les dépenses pour les PC ont progressé de 2,1 % pour atteindre 4,5 milliards de francs. Cette croissance est l«une des plus faibles enregistrées depuis 1980.

Les coûts inhérents à la couverture du minimum vital par les PC se sont élevés à 2,2 milliards. La Confédération en supporte cinq huitièmes, soit près de 1,4 milliard de francs, le reste étant assumé par les cantons.

Les frais supplémentaires imputables au séjour en home ainsi que les frais de maladie et d«invalidité remboursés au titre des PC se sont montés à 2,3 milliards de francs. Ces coûts sont entièrement à la charge des cantons.

Entre 60 et 70% des personnes âgées de 20 à 35 ans qui bénéficient d'une rente AI ont besoin de PC. Ce taux n'est plus que de 40% chez les quinquagénaires.

Le coût des homes

Ces pourcentages élevés sont dus au fait que les invalides jeunes n'ont pas exercé du tout d'activité lucrative, ou pendant peu de temps, et qu'ils ne disposent donc que de petites rentes. De plus, ils vivent plus souvent dans un home, où ils doivent faire face à des dépenses plus élevées.

La tendance est inverse pour l'AVS: seulement 8% des nouveaux rentiers ont droit à des PC, contre 25% des rentiers nonagénaires. Le taux de PC augmente donc avec l'âge. Ce phénomène est lié à la probabilité croissante d'entrer dans un home et aux frais que cela entraîne, car de nombreuses personnes ne peuvent plus assumer les taxes de home par leurs propres moyens.

La situation d'habitation est l'élément distinctif principal des PC mensuelles. Les bénéficiaires qui vivent à domicile touchent en moyenne 1000 francs par mois. Les PC allouées à des personnes résidant dans un home s'élèvent à 3100 francs.

En entrant dans un home, une personne voit en général ses dépenses augmenter fortement. Au prix de l'hébergement, il faut souvent ajouter des frais de soins et d'encadrement. Une partie de ces dépenses est remboursée par les caisses maladie, mais plus de la moitié des résidents ont besoin de PC pour couvrir la partie qui ne l'est pas.

Le constat est donc que les personnes qui résident dans un home ont besoin de PC pour couvrir les frais de séjour et de soins élevés, tandis que celles qui vivent à la maison en ont besoin pour pallier la faiblesse de leur revenu.

Taux de PC dans les cantons

Les PC sont sollicitées de manière très différente selon les cantons. Pour cette comparaison, la statistique se limite à l'AVS. Aux extrêmes se trouvent Zoug (7%) et le Tessin (19%), les autres cantons se situant entre les deux. Presque tous les cantons romands, à l'exception du Valais, présentent des taux de PC élevés, de même que Lucerne et Bâle-Ville. (ats)

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