Italie: Renzi et Berlusconi passent un accord
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ItalieRenzi et Berlusconi passent un accord

Cinq mois après sa condamnation pour fraude fiscale, Silvio Berlusconi a fait son retour sur la scène politique italienne.

Il a négocié samedi soir un accord sur la réforme du code électoral avec le nouveau secrétaire du Parti démocrate (PD, centre-gauche) Matteo Renzi. Ce pacte divise toutefois la coalition au pouvoir. De petits partis qui soutiennent le président du Conseil Enrico Letta, issu du PD, dénoncent un projet de réforme qui signifierait leur disparition. Quant à l'aile gauche du PD, elle accuse Matteo Renzi de faciliter la réhabilitation d'un «repris de justice». Le «Cavaliere» s'est entretenu durant deux heures et demie avec le syndic de Florence au siège du PD à Rome. Un manifestant a jeté un oeuf sur la voiture de M. Berlusconi et un autre a brandi un photomontage montrant le visage de l'ex-président du Conseil derrière des barreaux.

Proportionnelle et quorum

D'après l'accord annoncé, les deux dirigeants sont favorables à un système proportionnel avec un grand nombre de petites circonscriptions élisant chacune quatre à cinq représentants. Une prime au vainqueur est prévue, de 15 à 20 sièges. Les partis n'atteignant pas 5% des suffrages n'entreraient pas au parlement. A l'issue de la réunion, Matteo Renzi a dit être «en phase» avec le «Cavaliere» sur cette question d'une réforme électorale «favorisant la capacité de gouverner et un système bipolaire, et éliminant le pouvoir de chantage des petits partis». Les deux hommes sont également pour une réforme du Sénat afin qu'il n'ait plus les mêmes prérogatives que la Chambre des députés. Silvio Berlusconi a quant à lui salué un accord qui «consolidera les principaux partis et simplifiera le système politique».

Critique des petits partis

Le président du Conseil Enrico Letta, dont les relations sont parfois tendues avec M. Renzi, a estimé que le pacte allait «dans la bonne direction». Une réforme électorale, a-t-il cependant souligné, devra être validée par le Parlement et des amendements à la Constitution. Les petits partis partenaires de la coalition au pouvoir - dont le Nouveau Centre droit d'Angelino Alfano et le Choix civique de Mario Monti - ont menacé de faire tomber le gouvernement s'ils n'ont pas leur mot à dire. «Nous voulons des coalitions et pas seulement deux partis, ce qui est contraire à l'histoire italienne», a lancé M. Alfano. La réforme électorale est revenue au devant de l'actualité depuis que la Cour constitutionnelle a jugé «manifestement déraisonnable» le mois dernier une partie de l'actuelle loi électorale instituée en 2005 et surnommée «Porcellum» (Cochonnerie). Ce texte a largement contribué à la crise qui a suivi les élections de l'an dernier, laissant le pays sans majorité claire. (ats)

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