Italie: Renzi veut conclure sur le mariage gay

Actualisé

ItalieRenzi veut conclure sur le mariage gay

La possibilité d'adoption pourrait ne plus figurer dans le texte sur l'union civile homosexuelle en Italie.

Le principe d'une union civile pour les couples de même sexe fait consensus en Italie.

Le principe d'une union civile pour les couples de même sexe fait consensus en Italie.

photo: AFP/Archives

Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, longtemps resté en retrait dans le débat sur les unions homosexuelles, est désormais prêt à engager la responsabilité de son gouvernement, mais sur un texte amputé de ses mesures phares.

«Nous sommes à un carrefour», a déclaré M. Renzi dimanche dans un discours lors d'une réunion de son Parti démocrate (PD). «Je suis prêt à convoquer un vote de confiance».

Issu de deux ans de négociations au Parlement, le texte discuté au Sénat depuis fin janvier a en effet subi un coup d'arrêt la semaine dernière.

Le Mouvement 5 étoiles (M5S), deuxième parti du pays, soutien actif sur ce sujet depuis des mois, a refusé à la dernière minute de voter un «super-amendement» déposé par le PD pour contrer l'obstruction menée par une partie de l'opposition.

Problème de l'adoption

Le principe d'une union civile pour les couples de même sexe fait consensus, mais les alliés de centre-droit de M. Renzi et la frange catholique du PD rejettent violemment plusieurs dispositions du texte actuel, en premier lieu la possibilité d'adopter les enfants naturels de son partenaire.

Le Conseil de l'Europe a estimé que cette démarche, autorisée en Italie au sein des couples hétérosexuels non mariés, devait l'être aussi au sein des couples homosexuels. Depuis 2014, plusieurs tribunaux ont d'ailleurs prononcé des adoptions de ce type au nom de l'intérêt de l'enfant.

Devant la presse étrangère lundi, le chef du gouvernement italien a reconnu à demi-mot qu'il faudrait renoncer à ce que la mesure soit inclue dans la loi. «Je pense qu'il ne peut pas y avoir des enfants de série A et des enfants de série B. Mais ceci étant dit, l'Italie est un pays qui n'a même pas d'union civile et nous pensons que le moment est venu de mettre le mot +fin+ à ce long renvoi constant», a-t-il déclaré.

«Le PD n'a pas gagné les dernières élections. Au Sénat, les sénateurs du PD sont 112, les autres sont 208. Donc il faut l'accord de plusieurs autres partis», a-t-il ajouté.

Responsabilité engagée

Si les sénateurs n'arrivent pas à trouver un accord, le gouvernement engagera sa responsabilité dans les prochains jours sur un texte validé par ses alliés du centre-droit, et donc très probablement amputé de la possibilité d'adoption. «Il faut que cette loi se fasse pour de bon», a martelé M. Renzi.

Son ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, chef du Nouveau centre-droit (NCD), a exprimé lundi sa satisfaction: «Il n'y a pas de vainqueurs ou de vaincus ici, juste une question de bon sens».

Mais il a aussi rappelé que la suppression de l'adoption de l'enfant du conjoint était «un minimum» et qu'il fallait aussi retirer les mesures faisant de l'union civile une «photocopie du mariage».

La pension de réversion ou encore la possibilité de prendre le nom de famille de son conjoint pourraient ainsi se retrouver également dans la balance.

Solution au «rabais»

Pour Arcigay, la principale association de défense des personnes homosexuelles en Italie, négocier un accord sur l'union civile avec le NCD d'Angelino Alfano «revient à écrire les lois de protection des enfants avec un ogre».

Reçues dimanche par M. Renzi, Arcigay et les autres associations ont rappelé dans un communiqué commun que le texte proposé au Sénat représentait «un minimum» et que «toute solution au rabais» serait «inacceptable».

Les associations ont donc appelé le PD, les partis de la gauche non-gouvernementale et le M5S à se remettre autour d'une table pour s'engager à faire passer le texte en l'état.

«Pour une fois, que prévale l'intérêt suprême des citoyens et du pays à sortir du Moyen-Age», a lancé Arcigay, en appelant à un rassemblement devant le Sénat lors de la reprise des débats mardi après-midi. «Ceux qui ce jour-là entreront dans l'hémicycle en pensant liquider nos histoires par calcul électoral devront d'abord avoir le courage de nous regarder dans les yeux», a insisté Arcigay. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion